Giannis Antetokounmpo, qu’on connaît aujourd’hui comme le Greek Freak, est passé par de nombreuses épreuves avant d’atteindre le top de la NBA et d’être en course pour le titre de MVP. Comme le rappelle cette rare interview dans sa jeunesse.

Né en 1994 à Athènes de parents nigérians, Giannis Antetokounmpo connaît la précarité des quartiers de la capitale et s’en sort comme il peut avec trois de ses frères, enchaînant les petits boulots et parfois même s’improvisant vendeur à la sauvette. Sans papier jusqu’à ses 18 ans, Giannis rencontre les difficultés d’être un enfant d’immigrés en Grèce. Passé par les insultes à un accès impossible aux soins ou aux ligues sportives, le Greek Freak n’a rien lâché. Repéré en 2007 alors qu’il n’a jamais joué au basket, la grande aventure commence pour lui. Son entrée dans le monde de la balle orange lui permet de sortir peu à peu sa famille de leur situation fragile. Déjà très compétiteur et ambitieux, il s’entraîne beaucoup (2 entraînements + ½ heure à la salle par jour) et travaille dur. Parti de rien, son ex-capitaine se demandait même ce qu’il faisait là.

Il n’était même pas athlétique. Il était un mec normal commençant quelque chose de nouveau. Je ne voyais rien de remarquable en lui.

Il était très compétiteur. Il n’aimait pas perdre. Il ne pouvait pas faire grand chose, mais il avait cet esprit.

Son travail acharné l’a fait devenir un des meilleurs joueurs grecs dès ses 16 ans. En 2012, Giannis a 18 ans et évolue au Filathlitikos BC, en deuxième division grecque. Toutefois, ses ambitions vont plus loin que les frontières grecques et il l’exprime dans cette interview de 2012.


Qu’est-ce que tu peux dire à propos de toi, quel genre de joueur es-tu ?

Je suis un joueur polyvalent, je peux sauter, je peux shooter, je peux passer la balle, je peux tout faire sur le terrain.

Comment joues-tu en deuxième division ?

Je joue très bien, je joue plus de 25 minutes, l’équipe est bonne, c’est ok.

En quoi ton rôle est différent en Junior team ?

Mon rôle est différent parce que je suis le leader donc je dois tout faire sur le terrain, j’essaie de faire de mon mieux.

Sur quoi essaies-tu de travailler en tant que joueur de basket ?

J’essaie de travailler sur les fondamentaux du basket et un peu sur mon shoot.

Quel est ton objectif de carrière ?

Je veux être un joueur de NBA.

Est-ce qu’il y a des joueurs de NBA que tu aimes et dont peut-être tu t’inspires ?

J’aime Magic Johnson et Kevin Durant.

Quels sont tes plans pour les prochaines années, vas-tu rester en Grèce ?

J’aimerais aller en Espagne puis me présenter à la Draft, essayer de travailler et devenir un joueur de NBA.

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Quel a été le meilleur moment de ta carrière de basketteur ?

La première fois qu’ils m’ont appelé en équipe nationale grecque.

Quel genre de joueur tu seras dans 5 ans ?

Dans 5 ans, je serai bien plus fort, bien meilleur, comme vous ne m’avez jamais vu encore.

Le Freak n’a pas menti sur son évolution tant sportive que physique. Aujourd’hui, la Grèce est fière de son joueur 3 fois All-Star, mais ça n’a pas toujours été le cas. C’est parfois même encore compliqué : en novembre dernier, son grand frère Thanasis, qui évolue en première division grecque, a été traité de “singe” par un commentateur de la télévision grecque. Giannis avait alors réagi sur Twitter.

Si cela peut arriver à mon frère, qui joue pour l’équipe nationale de Grèce avec le sourire et avec fierté, je n’imagine pas à quoi les autres personnes de couleurs doivent faire face en Grèce. Je suis triste et déçu, mais nous n’allons pas laisser des commentaires négatifs changer notre famille et notre amour pour le pays dans lequel nous avons grandi.

Giannis représente aujourd’hui le “greek dream” pour les petits grecs issus de l’immigration. Il leur a en quelque sorte prouvé qu’il était possible de s’en sortir, et tous veulent lui ressembler. On observe un vrai changement de mentalité sur et dans la communauté africaine grecque.

Giannis, lorsqu’il se rend en Grèce, continue d’aller voir le propriétaire du café situé près du playground où jouaient les AntetokounmBros quand ils étaient petits. Giannis Tsiggas voit ce changement au jour le jour.

Le succès n’a pas changé Giannis mais a changé la vision grecque de la communauté africaine. C’est merveilleux pour la Grèce. Nous sommes tous fiers de Giannis. On dit tous qu’il est notre enfant, même les gens qui ne l’aimaient quand il était “juste un petit garçon noir”.

Possible futur MVP de la saison régulière et franchise player incontestable des Bucks, Giannis n’est définitivement pas seulement influent dans le monde du basket, mais aussi à l’échelle de son pays. Selon son ancien coach, qui avait ressenti cette force dès sa rencontre avec le jeune garçon de 13 ans, Giannis a trouvé cette puissance dans les épreuves qu’il a dû traverser.

Il est devenu ce qu’il est devenu parce qu’il vient d’où il vient. Giannis ne connaît pas la peur.

Peut-être verra-t-on d’autres petits Grecs suivre les traces du Greek Freak, maintenant qu’il a prouvé que tout était possible.

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