Par Elsa Girard-Basset | Journaliste web
Humoriste incontournable du paysage audiovisuel français, Nicolas Canteloup s’est forgé au fil des années une solide réputation grâce à ses imitations incisives. Que ce soit à la radio ou à la télévision, ses pastiches n’ont jamais épargné les figures politiques ou médiatiques. Mais en 2014, l’un de ses sketches va provoquer une réaction particulièrement virulente, flirtant clairement avec la menace physique.
À cette époque, Nicolas Canteloup intervient chaque matin sur Europe 1, où ses chroniques humoristiques commentent l’actualité du jour. Parmi ses cibles régulières figure Jean-Jacques Bourdin, grande voix d’une radio concurrente, souvent caricaturé pour son style direct et percutant. Un matin, l’humoriste franchit un cap en qualifiant ironiquement la station de « Radio Marine Championne », en référence à la progression de Marine Le Pen dans les sondages.
Le même jour, sur son antenne, Jean-Jacques Bourdin lit le message d’une auditrice critiquant son ton jugé agressif lors d’une interview de Florian Philippot, tout en pointant une supposée indulgence envers Jean-Marie Le Guen. Visiblement à bout, le journaliste explose en direct et s’en prend frontalement à l’imitateur :
« Vous trouvez que j’ai ménagé Jean-Marie le Guen ? […] Ce Canteloup commence à me fatiguer d’ailleurs et si ça continue comme ça je prendrai les décisions qu’il faut. J’irai l’attraper au collet et j’irai lui dire ce que je pense ! Je ne pense pas que ça soit un homme, franchement. Attaquer les gens bassement et lâchement sans même que je l’ai rencontré une fois dans ma vie. Moi, si ça continue, je réagirai comme un mec ! Vous m’avez compris. »
Loin de calmer le jeu, Jean-Jacques Bourdin poursuit sur sa lancée, dénonçant ce qu’il considère comme une attaque directe contre sa crédibilité :
« En résumé, RMC c’est Radio Marine. Cette jalousie est vraiment désolante. Non seulement c’est désolant, mais c’est insultant. Et moi je n’aime pas me faire insulter. […] Et si ça continue, je ferai ce qu’il faut. Que ce soit bien entendu, Monsieur Canteloup ! »
La tension monte encore d’un cran. Le journaliste martèle son exaspération, refusant de laisser passer ce qu’il perçoit comme une atteinte à son intégrité professionnelle :
« Jusqu’à maintenant, je suis calme, mais il arrive un moment où mettre en doute mon intégrité et mon honnêteté professionnelle, CA SU-FFIT ! CA SU-FFIT ! Vous ne me connaissez pas mais je ne me laisserai pas faire ! Voilà, c’est tout ce que je peux vous dire… »
Dans la foulée, en lisant d’autres messages d’auditeurs venus le soutenir, Jean-Jacques Bourdin va encore plus loin, évoquant ouvertement une confrontation physique avec l’humoriste :
« On verra si c’est un homme à un moment donné ou à un autre, on verra. Moi, si ça continue, je vais à Europe 1, je vous le dis, dans les studios et puis on réglera ça publiquement. Je vous le dis ! »
Avec le recul, cet épisode reste l’un des dérapages les plus marquants de la carrière du journaliste. Plus de dix ans après, alors que Nicolas Canteloup a quitté Europe 1 et que le paysage médiatique a évolué, cette séquence illustre encore la difficulté de certaines personnalités à accepter la satire. Un clash devenu emblématique d’une époque où, en direct, la radio pouvait rapidement basculer dans un véritable règlement de comptes.
