Scoreur terriblement efficace au cours de ses 9 saisons chez les Pacers, Danny Granger a totalement disparu des radars depuis 2015. Après 586 matchs disputés en NBA, on a tenté de savoir ce qu’était devenu le joueur ces dernières années. Rassurez-vous, celui-ci semble avoir bien géré sa conversion, loin du monde du basket.

« Huum… Danny Granger, tu dis ? Non, je vois pas ».

Cette phrase, vous l’avez sûrement entendue à plusieurs reprises, et pourtant ! Sacré joueur, ce Danny. C’est simple, après 9 saisons sous le maillot des Pacers, c’est : 17,6 points, 5,1 rebonds, 2 passes et 1 interception de moyenne ! Le tout à plus de 43% au tir et 38% à 3-points pour Granger. Efficace. Le plus fou dans l’histoire, c’est que le natif la Nouvelle-Orléans avait tout pour briller au long terme dans l’Indiana, et former un sérieux big three aux côtés de Paul George et Roy Hibbert (qui fera probablement l’objet d’un article du même type). Cependant, au lieu de se demander ce qui aurait pu se passer, regardons plutôt ce qui s’est vraiment passé.

Danny Granger Jr effectue son cursus universitaire à Albuquerque en jouant deux ans (2003-2005) sous les couleurs des Lobos du Nouveau-Mexique. À l’époque, l’ailier de 20 ans est considéré comme un joueur véloce et régulier, capable de scorer, d’être présent dans la raquette et d’apporter un certain talent de création. Il affiche notamment des moyennes de 19,2 points, 9 rebonds et 2,2 passes en 52 matchs NCAA.

Fort de ses performances de bonne facture, Granger est sélectionné en 17ème position de la Draft 2005 par les Pacers, derrière des joueurs comme : Andrew Bogut (1er choix), Deron Williams (3ème choix), Chris Paul (4ème choix) et Andrew Bynum (10ème choix). Dans l’Indiana, le rookie va réaliser une bonne saison 2005-06, et même intégrer la 2nd All-NBA Rookie Team en compilant : 7,5 points, 4,9 rebonds et 1,2 passe en 22,6 minutes de moyenne pour 78 matchs disputés. À 22 ans, l’ailier montre clairement plusieurs signes annonciateurs d’un futur radieux dans la Ligue.

Dès sa saison sophomore, le futur All-Star passe un réel cap. Son apport au scoring est quasiment doublé puisqu’il affiche désormais 13,9 points de moyenne, en disputant l’intégralité des matchs de son équipe. Logiquement, son statut dans la rotation des Pacers évolue de la même manière, en passant à 34 minutes de moyenne par rencontre.

Ainsi, les saisons suivantes représentent le développement habituel d’un joueur de ce calibre : petit à petit, Granger prend de l’épaisseur et de l’importance dans l’effectif en affichant 19,6 points de moyenne, avant de connaître une saison 2008-09 le faisant vraiment exploser aux yeux de tous les fans de la NBA. Naturellement, il remporte le titre de MIP cette année-là, puisque le coéquipier de franchise player des Pacers compile désormais : 25,8 points, 5,1 rebonds, 2,7 passes et 1,4 contres de moyenne ! Ses excellentes performances lui permettant logiquement de connaître une sélection au All-Star Game 2009, où il ne jouera cependant que 10 petites minutes. À l’intersaison, Granger est au sommet de son art et tient parfaitement son rôle de scoreur létal, en mesure d’éteindre une équipe à lui seul, comme ce jour où Deron Williams et son Jazz sont tombés sur un homme capable d’inscrire 44 points un soir de mars 2010. Injouable.

Malheureusement, la progression et la régularité de l’Américain ont rapidement fait la rencontre du plus grand fléau que connaît la NBA : les blessures. Malgré son explosion et la signature d’un contrat maximum, Granger manque 15 rencontres en 2008-09. Il ne le sait pas encore mais le numéro 33 ne rejouera jamais plus de 67 matchs par saison dans la Grande Ligue, outre ses 79 durant l’exercice 2010-11. L’ailier enchaîne les retours manqués notamment après ses grosses blessures au genou et au mollet. De ce fait, Larry Bird commencera petit à petit à remettre en cause l’investissement de son joueur au moment de revenir de ses périodes de convalescence. 

En 2012, alors qu’il tourne encore à plus de 18 points de moyenne en 62 matchs, Granger subit une grosse blessure au genou gauche qui l’obligera à manquer 77 matchs de la saison 2012-13. Par la suite, son corps ne tiendra pas le choc, au grand damne de tout l’Indiana, qui va naturellement se mettre à compter sur un autre joueur au profil similaire, mais plus jeune et talentueux : Paul George.


A lire également : 10 joueurs dont la sélection All-Star a été oubliée

Ainsi, l’horizon s’assombrit pour Granger chez les Pacers et le front office de la franchise décide de le trader chez les Sixers en février 2014 contre Evan Turner et Lavoy Allen. L’ailier ne jouera cependant jamais sous les couleurs de Philly et est directement envoyé chez les Clippers, où il ne disputera que 12 petits matchs, pour 8 points et 2,3 rebonds en sortie de banc.

Alors qu’il souffre cette fois des ischio-jambiers, Granger ne s’éternise pas en Californie et paraphe un contrat de deux ans à Miami qui vient de (re)dire au revoir à LeBron James. C’est finalement en Floride que l’ancien de Team USA disputera les 30 derniers matchs de sa carrière NBA (pour l’instant), où il n’intégrera le cinq majeur qu’à 6 reprises. Ne parvenant pas à convaincre Erik Spoelstra, il est envoyé chez les Pistons, qui le couperont dans la foulée, tant son état physique ne rassure pas

Depuis 2015, Danny Granger Jr n’a jamais refoulé les parquets de la ligue et ne le fera jamais. Obtenir de ses nouvelles reste de plus très difficile, son dernier post sur Twitter remontant à mars 2017, où il assistait à un match dans le cadre du Infiniti Hardwood Heroes Game. Sinon, c’est silence radio sur tous les réseaux.

Sur le plan professionnel par contre, Danny a trouvé sa reconversion : il a fondé avec un associé la société Granger & Brown Investments. Basée à Scottsdalle dans l’Arizona, elle est spécialisée dans la gestion des placements financiers et des biens immobiliers.

Si le joueur s’affiche fièrement sur le site de l’entreprise, il s’appuie également sur sa carrière en NBA pour étoffer la crédibilité de la structure :

Notre cabinet met ses clients en contact avec le réseau, la prévoyance et l’expérience de Danny Granger, une star de la NBA dont le système de location de résidences affiche 80 millions de dollars en transactions immobilières. Un système que vous pouvez maintenant utiliser pour vous, et qui lui a permis de se retirer de la NBA avec un revenu immobilier fiable et significatif.

Conférencier en investissement immobilier, joueur NBA pendant 11 ans, All Star et co-fondateur de GRANGER & BROWN Investments. Danny Granger a déménagé à Scottsdale (Arizona) en 2015 après avoir été échangé du Miami Heat aux Phoenix Suns. Il a ensuite pris sa retraite dans le basketball professionnel pour occuper un poste à temps plein dans sa société d’investissement immobilier. Depuis 2009, Danny a investi plus de 20 millions de dollars de son argent dans l’immobilier et a une connaissance approfondie du territoire.

Une reconversion qui semble parfaite après une carrière NBA noyée dans l’œuf, minée par les blessures à l’instar de Brandon Roy. On ne pouvait demander mieux pour le All-Star, qui n’a tutoyé les sommets qu’à l’occasion de 5 exercices, mais peut se targuer d’avoir fait rêver tout l’Indiana. Peut-être qu’un jour le logo de sa société sera sur le maillot des Pacers, ne sait-on jamais.

Mais aussi : Quels joueurs ont le plus de « stans », ces fans de l’extrême ?