Arrivé en NBA en 2012, Evan Fournier suit au sein de la grande Ligue une trajectoire ascendante. Le natif du Val-de-Marne a pris le temps de faire ses gammes en Pro A avant de traverser l’Atlantique. Cet article vous propose un retour sur sa vie et sa carrière, dans notre liste des joueurs français en NBA


Avec Rudy Gobert, Evan Fournier fait partie des leaders de la génération 1992, appelée à prendre le pouvoir en équipe de France. Si, contrairement au pivot, l’arrière du Magic n’a pas encore connu de distinctions individuelles, il s’est imposé comme un titulaire indiscutable à Orlando, et un bon scoreur NBA. Capable d’attaquer le panier comme de tirer à 3-points, mais aussi reconnu comme un bon défenseur, le natif du Val-de-Marne est un joueur complet.

Du jeune Evan à la Pro B, un diamant à polir

Evan Fournier sous le maillot de l'INSEP

Evan Fournier est né le 29 octobre 1992 à Saint-Maurice (Val-de-Marne) et a débuté le basket à l’âge de 7 ans. Après des débuts dans le club de Charenton-le-Pont, il rejoint l’INSEP en 2007, à 15 ans. Il passe ainsi deux ans sur le lieu de rencontre de ses parents, deux judokas. Puis, en 2009, il signe à Nanterre, en Pro B, où il sera élu meilleur jeune du championnat. Sur la saison 2009-2010, il tourne malgré tout à moins de 5 points de moyenne, et Nanterre ne parvient pas à accéder à l’élite. Fournier, de son côté, rejoint la Pro A dès la saison suivante, à Poitiers.

Fournier en Pro A, une progression constante

Pour sa première saison professionnelle au sein de l’élite, Fournier occupe un rôle de remplaçant à Poitiers. Il dispute 14.4 minutes de moyenne (29 matchs), n’est titulaire qu’une seule fois, et tourne à 6.4 points et 2 rebonds de moyenne.

Malgré tout, son potentiel attire déjà l’œil des observateurs, et l’arrière est invité à participer au Nike Hoop Summit 2011, durant lequel il est titularisé au sein de l’équipe internationale. Après un match moyen, l’équipe internationale s’incline face à la sélection américaine, menée notamment par Anthony Davis et Austin Rivers.

Toutefois, cette expérience est bénéfique pour le natif du Val-de-Marne, qui explose en Pro A la saison suivante. Sous la houlette de Ruddy Nelhomme, Fournier joue 30 matchs, dont 18 comme titulaire, et tourne à 14 points, 3.2 rebonds et 2.2 assists de moyenne. Son adresse générale (42.2%) et à 3-points (27.7%) laisse cependant à désirer. Cela n’empêche pas Fournier d’être élu meilleure progression et meilleur jeune de Pro A. Fort de ces distinctions individuelles, l’arrière décide de se présenter à la draft NBA.

2012  : Fournier drafté par Denver en NBA

Evan Fournier à l'attaque sous le maillot des Denver Nuggets en NBA

Lors de la Draft 2012, Fournier est le premier joueur européen à entendre son nom. Il est sélectionné en 20ème position par les Denver Nuggets. Toutefois, sa saison rookie est assez compliquée, le Français ne rentrant pas dans la rotation de George Karl, barré notamment par le All-Star Andre Iguodala.

Malgré tout, à la faveur d’une blessure de Ty Lawson en fin de saison, Fournier joue quelques matchs comme titulaire et se montre convaincant, à tel point qu’il conservera une place dans le cinq majeur lors des quatre premières manches des playoffs. Très maladroit sur ces quatre matchs (4.8 points à 35.5%), l’arrière ne jouera pas les matchs 5 et 6. Ces quatre rencontres restent à ce jour les seules apparitions de Fournier en playoffs. La saison suivante, il trouve sa place dans la rotation des Nuggets. Brian Shaw, le remplaçant de George Karl sur le banc, donne sa chance au Français, qui dispute en moyenne 19.8 minutes par rencontre (76 matchs), pour des moyennes de 8.4 points et 2.7 rebonds. Cependant, à l’été 2014, il est échangé à Orlando contre Aaron Afflalo.

Au Magic, Fournier est d’abord recruté pour jouer le rôle de back-up de Victor Oladipo, l’arrière titulaire. Malgré une saison compliquée sur le plan collectif (25-57), le Français continue sa progression et tourne à 12 points de moyenne. De quoi lui offrir une place de titulaire dès la saison suivante, cette fois aux côtés d’Oladipo. Avec un nouveau coach aux manettes, Scott Skiles, le Magic montre des signes de progression (35-47), mais rate à nouveau les playoffs. Quant à Fournier, il tourne à 15.4 points par matchs et s’impose en fin de saison comme la première option offensive de son équipe.

Depuis 2016 : Fournier, go-to-guy du Magic

Evan Fournier balle en main sous le maillot du Orlando Magic en NBA

En progression constante depuis son arrivée en NBA, Fournier continue d’augmenter sa moyenne de points en 2016-2017. Lors de la Draft, les dirigeants du Magic ont décidé d’échanger Victor Oladipo, envoyant un signe fort au Français, qui paraphe le même été une extension de contrat de cinq ans et 85M$.

Désormais payé 17M$ la saison, Fournier confirme les espoirs placés en lui et tourne à 17.2 points, 3.1 rebonds et 3 assists de moyenne. Toutefois, le Magic retombe dans ses travers, avec un quatrième coach en trois ans (Frank Vogel), et un bilan de 29-53. La deuxième saison de l’ère Vogel est encore pire, avec seulement 25 victoires au compteur pour la franchise de Floride. Cependant, Fournier continue d’être le leader offensif de son équipe, avec 17.8 points de moyenne.

Aux côtés d’Aaron Gordon et de Nikola Vucevic, le Français forme un trident offensif intéressant, mais le Magic, collectivement, ne parvient pas à passer un cap. Avec encore trois ans de contrat à Orlando, Fournier doit désormais continuer sa progression, en développant d’autres aspects de son jeu, notamment le playmaking. S’il maintient ses statistiques actuelles, l’arrière aura de grandes chances de signer un contrat supérieur à 100M$ à l’été 2021 (ou 2020 s’il décide de décliner la player option sur sa cinquième année de contrat).

Vous pouvez suivre toutes les performances d’Evan Fournier dans notre rubrique des Français de la nuit en NBA.


Evan Fournier en Bleu, une histoire à écrire

Evan Fournier devant deux joueurs Grecs, sous le maillot de l'équipe de France

Après un parcours en équipe de France junior et espoir couronné de succès (médaille d’argent à l’Euro Junior 2009, bronze à l’Euro Espoir 2011), l’histoire entre Evan Fournier et la sélection nationale a mis du temps à démarrer.

Non-retenu pour les Jeux Olympiques de Londres, puis pré-sélectionné pour l’Euro 2013, l’arrière ne fera ses débuts dans une grande compétition internationale qu’en 2014, à l’occasion de la Coupe du Monde en Espagne, où les Bleus remportent la médaille de bronze. Il sera également de l’aventure à l’Euro 2015, puis à l’Euro 2017, chaque fois dans un rôle plus important aux côtés de Tony Parker, Boris Diaw, Nicolas Batum et Rudy Gobert.

En revanche, en raison de problèmes d’assurance liés à la signature de son contrat avec Orlando, en 2016, Fournier n’a pas pu participer aux Jeux Olympiques. Rendez-vous est pris pour 2020, à Tokyo, où il pourrait également retrouver le petit nouveau Elie Okobo.

Avec six saisons NBA dans les jambes et 54 sélections en équipe de France, Evan Fournier fait partie, au même titre que Rudy Gobert, des leaders d’une génération appelée à succéder à Tony Parker et consort. À 25 ans, l’arrière du Magic a toutes les cartes en main pour s’imposer comme un joueur majeur du basket français.

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