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NBA – La bagarre, un art perdu en NBA : les années 1980

(DR)

Les maillots déchirés, les droites furtives dans la tête et le chaos sur le parquet : la bagarre en NBA a toujours rythmé la vie de la ligue. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que ça a beaucoup, beaucoup changé. Retour sur les échauffourées qui ont marqué les années 1980 dans notre dossier des plus grosses bagarres en NBA. 

Il fut un temps où les bagarres en NBA étaient perçues de manière totalement différente. Moins graves. Et beaucoup plus normales. Dans les années 80, à une époque où les fights étaient encore largement tolérées en hockey, l’Amérique aime voir les joueurs en venir aux mains. Les commentateurs décrivent l’action comme s’il s’agissait d’une partie du match, avec un enthousiasme non dissimulé. Bref, la bagarre fait partie du folklore, et les spécialistes du genre s’appellent les Detroit Pistons. Surnommés les « Bad Boys », la troupe du Michigan en fait voir de toutes les couleurs à la ligue. Jugez plutôt avec la vidéo ci-dessous.

https://www.youtube.com/watch?v=6XNqYf03Qk0&feature=emb_title

Les droites partent dans tous les sens, et il n’est pas rare de voir les joueurs en position de garde comme pour un véritable combat de boxe avant de s’envoyer des coups. Mais bon, tout cela a logiquement dû entrainer de grandes sanctions et la justice est donc rétablie, me direz-vous ? Et bien pas du tout ! C’est une autre spécificité de l’époque : les sanctions sont minimes et les suspensions extrêmement rares. Les joueurs coupables sont généralement éjectés, mais ça s’arrête là. On vous présente trois exemples pour aider à cerner l’esprit des années 80.

1984 : Kevin McHale v. Kurt Rambis

Finales 1984. Les Celtics sont menés 2-1 par les Lakers avant un match 4 en Californie. Surclassés par le showtime de Magic et consorts, les hommes du Massachussetts décident de muscler le jeu et d’interdire les lay up. Il ne faut pas le dire deux fois à Kevin McHale. Alors que Kurt Rambis file droit vers un panier facile en contre-attaque, le Celtic le décapite en plein vol d’un coup de la corde à linge.

Les bancs se vident et une bagarre s’ensuit. Une fois les esprits calmés, Los Angeles sort de sa série, et se met à penser davantage à la bagarre qu’au basket. Boston l’emportera en 7 matchs. Pour ce qui est de l’incident McHale-Rambis, vous l’aurez deviné, personne n’a été suspendu ou même sanctionné financièrement. Essayez la même faute de nos jours, et c’est probablement une amende à 6 chiffres et plusieurs matchs de suspension qui vous attendent…

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1985 : Michael Jordan (feat Stan Albeck) v. Bill Laimbeer (feat Chuck Daly)

Les joueurs qui se battent, on connait, mais les coachs, c’est nettement plus rare. Aujourd’hui, à la moindre altercation, vous voyez le coaching staff se précipiter pour retenir les joueurs et apaiser la situation. Mais en 1985, jouer les pacificateurs n’est clairement pas le problème du coach des Bulls Stan Albeck et de celui des Pistons Chuck Daly.

Au contraire. Après une faute appuyée de Laimbeer sur la pépite Michael Jordan, les esprits s’échauffent gentiment. Mais soudainement, la caméra surprend les deux entraineurs en train de copieusement s’insulter et d’essayer de se frapper ! Les joueurs doivent les séparer. Chuck Daly et Stan Albeck sont tous les deux éjectés du match, et le public adore. Cet exemple illustre bien l’aspect divertissement associé aux fights à l’époque.

1986 : Jerry Sichting v. Ralph Sampson

Cette bagarre n’est pas la plus connue, et elle est pourtant la plus représentative des années 80. Nous sommes en pleine finale 1986 entre les Rockets et les Celtics. Lors du match 5, Jerry Sichting et Ralph Sampson s’accrochent puis en viennent aux mains. Une bagarre générale éclate et se termine parmi les fans au premier rang ! Imaginez une telle scène entre les Warriors et les Cavaliers lors de la dernière finale… Tout simplement impensable.

https://www.youtube.com/watch?v=YkMMsDklbds&feature=emb_title

Après le match, le troll se poursuit dans la presse. Jerry Sichting (1m85) provoque Ralph Sampson (2m24) en expliquant que son petit frère l’avait déjà frappé plus fort que ça. Larry Bird en rajoute une couche :

S’en prendre à Jerry, sérieusement ? Même ma femme le mettrait KO

Le plus sidérant dans tout ça est sûrement la réaction officielle de la ligue. Régalez-vous de l’explication de la NBA :

Sampson a envoyé plusieurs droites, et a touché la cible avec 3 ou 4 d’entre elles, mais on prend en considération le fait que ce n’était pas prémédité. A partir de la saison prochaine, si on continue à avoir de violents incidents, on suspendra des joueurs, mais on ne veut pas commencer maintenant. Les Celtics et les Rockets jouaient un match intense, émotionnel, alors on ne pense pas que ça mérite de suspensions

En gros, puisque le match était intense et que rien n’était prévu, il n’y a aucun problème avec le fait de se tabasser au milieu du parquet. On prend note. Le match 6 se disputera donc sans aucune suspension. Au Boston Garden, des marionnettes de Ralph Sampson sont pendues aux balcons des tribunes, et le joueur vit un enfer à l’échauffement. Dans leur antre, les Celtics roulent sur les Rockets derrière un Larry Bird en état de grâce, et s’adjugent le titre.

Les autres grosses bagarres dans la ligue

Les années 1990
Les années 2000
Les années 2010

Bref, les années 80 étaient l’âge doré des bastons NBA. Les stars y prenaient part, à l’image d’Isiah Thomas ou encore Charles Barkley, jamais bien loin quand il y avait du grabuge. Le contraste avec la ligue actuelle est saisissant. On approuve ou non, mais il est indéniable que les choses étaient différentes de ce qu’elles sont aujourd’hui.

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