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NBA – La bagarre, un art perdu en NBA : les années 2000

(DR)

Les maillots déchirés, les droites furtives dans la tête et le chaos sur le parquet : la bagarre en NBA a toujours rythmée la vie de la ligue. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que ça a beaucoup, beaucoup changé. Retour sur les échauffourées qui ont marqué les années 2000 dans notre dossier des plus grosses bagarres en NBA. 

Nous avons vu que les années 1990 ont marqué un coup d’arrêt pour les fights en NBA, et plus particulièrement après la mêlée entre Chicago et New York sous les yeux de David Stern en 1994.

Les amendes sont devenues plus lourdes et plus fréquentes, de même que les suspensions pour les joueurs. Pourtant, c’est bien dans les années 2000 que la pire bagarre de l’histoire de la ligue va avoir lieu. Un triste soir de novembre 2004.

2004 : Ron Artest v. Ben Wallace « Malice at The Palace »

Il faut d’abord contextualiser cette mythique baston. La NBA est en plein dans ses années hip-hop, et la transition post-Jordan est un peu difficile au niveau de l’audience et de l’image. Si de nos jours la ligue a totalement accepté et intégré la culture hip-hop dans son identité, c’est beaucoup plus délicat à l’époque. Après s’être passionnée pour Michael Jordan, son élégance et ses costumes trois pièces dans les années 90, l’Amérique a un peu plus de mal à accrocher aux baggies d’Allen Iverson et consorts, et la NBA est un peu dans le creux de la vague. C’est dans ce contexte qu’à la fin d’un match entre les Pistons et les Pacers à Detroit, la ligue est plongée dans le chaos absolu.

Après un accrochage entre Ben Wallace et Ron Artest (que les plus jeunes connaissent sous le nom de Metta World Peace), une bagarre éclate. Elle est vite contenue, et Artest en profite pour s’allonger sur la table de marque. Problème : un spectateur jette son verre sur le joueur. Le Pacer pète un câble et se précipite dans les tribunes pour corriger un fan (qui n’est d’ailleurs pas l’auteur du lancer). Stephen Jackson le rejoint et une baston se déroule entre les joueurs et les supporters, sous les yeux d’une Amérique médusée devant son écran.

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L’opinion publique est choquée par le comportement de ces « voyous », et la NBA est en proie à sa plus grave crise d’image depuis le début des années 1980. David Stern décide de frapper fort. Très fort. Ron Artest prend 86 matchs et 5 millions de dollars, Stephen Jackson 30 matchs et près de 2 millions, Jermaine O’Neal 15 matchs et 4 millions. Sous le coup de charges pénales, les 3 hommes doivent aussi réaliser entre 60 et 100 heures de travaux d’intérêt général et suivre une thérapie pour calmer leur impulsivité. Ben Wallace et 6 autres joueurs sont également impactés par des sanctions.

David Stern, qui qualifie la scène de « choquante, repoussante et inexcusable », ne s’arrête pas là. Le commissionnaire décide de mettre de nouvelles règles en place pour la sécurité dans les arènes. La consommation d’alcool est limitée, et interdite après la fin du troisième quart-temps. Chaque équipe est également sommée de mettre du personnel de sécurité (trois hommes minimum) entre les joueurs et les fans. Ce jour a ainsi marqué un tournant définitif dans la position de la NBA sur les bagarres… ou presque.

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2006 : Knicks v. Nuggets

Malgré les décisions prises par le boss, il y aura un baroud d’honneur deux ans plus tard. En 2006, dans le même contexte (une fin de match en blowout), une bagarre éclate après une grosse faute de Marcus Camby sur J.R. Smith. L’échauffourée se termine parmi le public au premier rang, même si aucun fan n’est frappé.

Deux ans après la bagarre au Palace, la ligue est dans l’oeil du cyclone et frappe fort, comme les sanctions ci-dessous en attestent :

Certains protagonistes NBA trouvent les sanctions excessives, à une époque où les bagarres en NFL et MLB sont fréquentes sans que l’opinion publique ne s’en émeuve. Peu importe. David Stern se moque d’être excessif, il entend enfoncer le clou et montrer que même une fight « à l’ancienne » sera désormais suivie de lourdes conséquences. Il a réussi son coup : 11 ans après, la bagarre au Garden reste la dernière du genre en NBA à ce jour.

Les autres grosses bagarres dans la ligue

Les années 1980
Les années 1990
Depuis 2010

Les années 2000 apparaissent comme petite accalmie après deux décennies de grand n’importe quoi dans la ligue. La fin d’une ère ? Oui, d’une certaine manière, même si certaines têtes brulées feront encore de la résistance par la suite.

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