Nouveau joueur des Toronto Raptors, la franchise canadienne n’était pas le premier choix de Kawhi Leonard. Mais la franchise de Masai Ujiri a-t-elle une chance de le conserver à l’été 2019 ?

C’est ce vendredi que Kawhi Leonard est introduit devant les médias en tant que nouveau joueur des Raptors. L’ailier n’est pas présent pour l’événement et c’est donc Masai Ujiri, seul, qui doit répondre aux nombreuses questions des différents journalistes présents dans la salle.

Le président de la franchise est forcément beaucoup questionné sur son choix très critiqué depuis plusieurs jours. Et pour cause, il a pris un gros risque en échangeant DeMar DeRozan, joueur extrêmement apprécié au Canada contre un joueur qui ne souhaitait pas venir. Malheureusement pour Leonard, il n’avait pas vraiment le choix.

Dwane Casey puis DeMar DeRozan, Ujiri a donc pris deux risques en un seul mois afin de changer le futur de Toronto. Il faudra attendre encore quelques mois pour tirer les premiers enseignements, mais les Raptors ont-ils d’ores et déjà une chance de conserver Kawhi Leonard, lui qui sera agent libre non restreint l’été prochain ?

L’épisode Paul George

En négociations avec les Spurs pendant environ deux semaines, les Raptors ont tout de suite été intéressés par les services de Kawhi Leonard. Même si l’ailier suscite de nombreuses interrogations concernant son état de santé, une fois en pleine forme, il pourrait radicalement changer les ambitions de la franchise canadienne.

Peu après la fuite des discussions entre Toronto et San Antonio, le clan Leonard a rapidement fait savoir que l’intéressé ne voulait pas jouer sous le maillot des dinosaures. Masai Ujiri le savait, mais il a tenu à poursuivre et conclure l’accord avec les Spurs. Nul doute que l’épisode Paul George l’a influencé.

Rappelez-vous donc. Il y a un an, Paul George faisait savoir à la direction des Indiana Pacers son envie de jouer pour les Lakers en 2018. Il a donc tenu à prévenir ses dirigeants pour négocier un trade et que les Pacers ne se retrouvent pas sans contrepartie. Au bout du compte, aucun accord n’a été trouvé avec les Lakers et PG a donc atterri direction l’Oklahoma, pour la suite que l’on connaît désormais.

Au Thunder, Paul George a parfaitement été traité par les dirigeants, par les fans et par ses coéquipiers. Depuis un an, Russell Westbrook a construit une solide relation avec lui et peut-être encore plus forte qu’avec Kevin Durant. Cela a forcément pesé dans sa décision. Sam Presti a réussi sa mission séduction et voilà que tout l’Oklahoma peut rêver de titre.

Mark J. Rebilas-USA TODAY Sports

Toronto espère suivre le même chemin avec Kawhi Leonard. Lui faire aimer le Canada, la ville de Toronto et construire une relation solide et de confiance avec lui. Les fans auront une importance, mais ils auront certainement un goût amer avec le départ de DeMar DeRozan. Masai Ujiri a pris un gros risque et sa mission séduction a déjà commencé.

Les dirigeants de la franchise ont déjà contacté les représentants de Leonard et les premiers retours sont positifs. Le natif de la Californie est prêt à jouer pour sa nouvelle franchise et ne devrait pas rester sur le banc toute la saison. Note importante cependant d’Adrian Wojnarowski, il aurait toujours l’esprit à Los Angeles pour 2019. Toronto et le Canada vont donc devoir se montrer convaincants dans les prochains mois.

Différence majeure cependant avec le cas Leonard et qui augmente considérablement le risque pris par le président : Paul George n’a jamais émis de réticence à l’idée de jouer pour le Thunder. Comme cité plus haut, le clan Leonard a rapidement fait savoir qu’il ne voulait pas jouer pour les Raptors. A partir de là, la mission se complique forcément.

L’effet Nick Nurse

Nouveau coach et premier signe du changement apporté par Masai Ujiri, on peut penser que Nick Nurse aura forcément une grosse importance. L’ancien assistant de la franchise va devoir prendre ses marques et dans une équipe compétitive. Les Raptors, et comme le démontre l’arrivée de Leonard, veulent viser haut et les sommets de la conférence Est. LeBron parti, Toronto compte bien prendre les devants, même si la franchise canadienne ne sera évidemment pas seule.

On le sait, Kawhi est particulier et relativement discret. Gregg Popovich a longtemps su le gérer, Nick Nurse devra donc faire de même. Communication, confiance, il faudra évidemment impliquer Leonard dans le jeu et lui accorder certaines libertés. On ne connaît pas encore le style de jeu que compte apporter Nick Nurse, mais Kawhi Leonard devra être la plaque tournante de celui-ci.

Nick Nurse jouera donc gros pour sa première saison avec la pression d’atteindre les playoffs, et de passer un tour voire mieux avec Kawhi Leonard dans les rangs.

Cela rejoint finalement la notion de culture de la gagne. Les Raptors vont devoir montrer à leur ailier que la franchise peut jouer les favoris durant les nombreuses années à venir. Il y aura de la concurrence à l’Est, mais rien d’insurmontable lorsqu’on voit celle de l’Ouest.

Lachlan Cunningham/Getty Images

Kyle Lowry and co

Pour mieux intégrer Kawhi Leonard, Masai Ujiri et Nick Nurse ne seront pas les seuls à avoir de l’importance : on pense évidemment au reste du vestiaire.

Kyle Lowry a perdu son ami de toujours en la personne de DeMar DeRozan, mais le meneur devra faire en sorte d’accueillir au mieux son nouveau coéquipier. Que cela soit le meneur ou un autre, il sera important de construire une relation solide avec Leonard, à la manière du duo Westbrook-George.

Kawhi Leonard est évidemment discret, mais pour le convaincre de rester à Toronto, tout le monde aura un rôle à jouer, y compris le vestiaire afin d’incorporer au mieux Leonard. Discret et silencieux, ce ne sera évidemment pas le profil le plus facile, mais rien d’impossible.

Une vraie chance ?

A n’en pas douter, il ne faudra pas oublier Toronto trop vite. La franchise aura toutes ses chances de convaincre Kawhi Leonard et son clan tout au long de la saison et au plus près de lui, alors que les Lakers devront rester à l’écart pendant un an. On l’a vu avec Paul George, en un an les choses peuvent rapidement évoluer.

Mais Masai Ujiri n’est pas Sam Presti et Toronto n’est pas Oklahoma City. L’environnement, les dirigeants, les fans et même les joueurs auront leur importance. Avec un tel échange, la franchise canadienne va forcément tout tenter et elle aurait tort de ne pas le faire.

Si Toronto parvient à jouer le coup à fond avant le coup d’envoi de la prochaine free agency, tout est jouable. Si les Lakers parviennent à obtenir un rendez-vous, ça sera une autre histoire.