À 36 ans, Dwyane Wade s’apprête à tirer sa révérence dans une NBA qu’il aura marqué pendant 16 ans. Et lorsque l’arrière légendaire du Heat revient ses débuts dans la ligue, il n’est pas du genre à mâcher ses mots.


« The Last Dance ». Voici les mots qu’employait Dwyane Wade avant de se lancer dans une dernière saison en Floride, mi-septembre 2018. Une ultime histoire à inscrire à son livre personnel, ainsi que dans les lignes du Heat. Avec 15 saisons au compteur et bientôt une 16ème, l’arrière a de l’expérience dans les jambes, et des souvenirs pleins la tête. L’évolution du jeu ? Il l’a vue arriver et doucement s’installer, dans une ligue où primaient davantage à ses débuts l’intelligence et le Q.I. basket, d’après ses propres mots.

Interviewé par Sekou Smith sur le site de la NBA, D-Wade est revenu sur l’évolution du jeu au travers des années. Son constat ? Les jeunes pourraient aujourd’hui percer uniquement grâce à une compétence ou un physique, alors qu’à son époque, il fallait redoubler d’intelligence sur le terrain :

Sekou Smith : C’est fou que les jeunes de votre génération soient capables de gérer eux-mêmes leur progression dans cette ère des médias numériques et des réseaux sociaux. On peut voir à quel point certains de ces jeunes s’améliorent d’année en année, même d’un mois à l’autre, et c’est époustouflant. C’est un luxe ou une malédiction, selon vous ? Vu que vous n’aviez pas tout ça il y a 20 ans.

Dwyane Wade : Ils ont une vision globale du jeu et de ce qui se passe autour d’eux à tout moment. Ils se comparent à ce type à Los Angeles quand ils vivent à l’autre bout du pays. Ou à un gars du Canada ou d’ailleurs, peu importe. Et ils peuvent maintenant jouer l’un contre l’autre. C’est tellement différent aujourd’hui par rapport à l’époque où nous étions enfants. Alors oui, c’est juste une autre époque. Et le talent de ces gosses dépasse nos talents à ce même stade. Juste leurs compétences. Je veux dire, tout le monde a un entraîneur personnel et tout ce qui va avec. Moi je n’avais pas tout ça. J’ai appris dans le jardin avec mon père qui m’entraînait. Je n’ai pas appris avec des entraîneurs professionnels et tout ça. Mais c’est la culture de maintenant. C’est là qu’on en est. C’est une autre époque. Et c’est ce que vous voyez dans la NBA en ce moment.

Sekou Smith : Dans quel sens ?

Dwyane Wade : Nous sommes actuellement à une époque aujourd’hui dans la ligue où si vous avez du talent, vous pouvez réussir. Et je ne jette pas la pierre. C’est comme ça. Quand je suis arrivé, c’était différent. Il y avait plus de réflexion. C’était des règles différentes en termes de jeu, tu sais, avec le handchecking et tout le reste. Avant, c’était plus une ligue d’hommes. Mais maintenant, si vous avez du talent dans cette ligue, vous avez des aptitudes individuelles, vous pouvez réussir. Si vous avez un talent, une seule chose que vous maîtrisez à la perfection, vous pouvez être extraordinaire. Si ce talent c’est juste de vous placer en pick and roll et ensuite aller le plus haut possible dans un alley-oop, vous pouvez le faire et vous pouvez ramasser 200 millions de dollars rien qu’en faisant ça. C’est juste une autre époque. Et il n’y a rien de mal à ça. Le jeu change à chaque génération. J’espère donc que mon fils pourra profiter un peu de cette nouvelle NBA, parce que je pense que ce sera une ère vraiment amusante à jouer et à participer.

Tôt ou tard, quelque chose va se déclencher, une équipe, un entraîneur ou un joueur transcendant va arriver et ils vont changer le jeu. Donc on ne sait jamais vraiment où le jeu va aller ensuite. Mais rassurez-vous, où que ce soit, tout le monde va s’amuser.

Wade aura donc en 16 ans traversé les diverses générations en NBA. Que ça plaise ou pas, la ligue ne cessera jamais d’évoluer et de nous offrir des talents capables de changer le cours du jeu.

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