NBA – Si les stars de la ligue étaient des rappeurs (part. 2)

Depuis très longtemps, basketball et rap sont intimement liés. Nombreux sont les rappeurs à être passés très près d’une carrière de joueur (2 Chainz, The Game, Dave East, Cam’Ron, Master P…). À l’inverse, de nombreuses stars NBA se sont prêtées au jeu de la rime avec plus ou moins de succès (Iverson, Kobe, Lillard, Shaq, Artest, Durant, Webber…). Mais vous êtes-vous déjà amusés à comparer les principaux acteurs de ces deux disciplines ? Et bien nous, nous l’avons fait, en allant jusqu’à imaginer quels rappeurs américains auraient pu être les vedettes de la ligue. 


Tim Duncan est… Dr. Dre

Tim Duncan et Dr. Dre sont des hommes de l’ombre n’aimant pas vraiment se mettre en avant. Mais malgré tout, ils ont régné sans pitié ! L’un a réussi l’exploit de gagner 2 de ses 5 titres à 15 ans d’intervalle, quand l’autre voit près de 30 ans séparer ses premiers succès et son dernier album en date. Les deux ont connu deux vies avec à chaque fois autant de gloire. D’abord l’ère Twin Towers avec David Robinson pour Duncan, celle de N.W.A pour Dre. Puis la période Big Three pour Tim, face aux associations artistiques de Dre, qui fait alors de Snoop Dogg et Eminem ses Tony Parker et Manu Ginobili. Sur la route de leur succès, les deux ont côtoyé des hommes de poigne avec qui il ne vaut mieux pas déconner : Gregg Popovich et Suge Knight. Un maître des fondamentaux et un as de la production, ils ont bâti leur empire en vouant un respect infini au jeu et à la musique. Ne rien laisser au hasard, faire attention à chaque détail et ne jamais oublier l’essence des choses. Un état d’esprit qui leur a permis de faire preuve d’une longévité à toute épreuve.

Derrick Rose est… Meek Mill

Ils aiment souvent le répéter : ils sont partis de rien. Issus tous les deux de quartiers extrêmement pauvres et violents, rien n’était vraiment destiné à les voir s’en sortir. L’un a grandi sans son père, l’autre l’a perdu très jeune. Comme beaucoup d’autres nous direz-vous. Mais leurs « struggle » respectifs sont particulièrement inspirants et les deux ont lutté contre vents et marrées pour atteindre leur rêve, devenant de véritables exemples de réussite pour leur communauté. Personnalités réservées de nature et à fleur de peau, elles sont rendues paradoxales par leur puissance et leur explosivité balle ou micro en main. 2011 est l’année de l’explosion totale, lorsqu’ils deviennent tous les deux The Next Big Thing. L’un devient le plus jeune MVP de l’histoire alors que l’autre est l’auteur d’un des plus gros tubes de l’année : “I’m a boss”. Après une courte idylle new-yorkaise (les Knicks et Nicki Minaj), les choses prennent un autre tournant. Après les hauts, les bas, ou plutôt, après les « Dreams », retour aux « Nightmares ». Entre les rechutes du basketteur et les passages en prison du rappeur, leur carrière tourne au gâchis. Et c’est alors qu’un mouvement de soutien incroyable du public se fait ressentir. Comme si un manque général s’était installé. Les “Free Meek” et les espoirs de revoir D-Rose à son meilleur niveau un jour deviennent une hantise chez les fans pris de compassion pour ces deux chouettes mecs. Des retrouvailles avec Tom Thibodeau et une réconciliation avec Drake pour embellir l’histoire. Aujourd’hui, Meek Mill n’est plus derrière les barreaux et Rose joue son meilleur basket depuis des années. Enfin libres !

Anthony Davis est… J. Cole

Alors que le rap lyrical et les concepts recherchés se perdaient dans le rap moderne, Jermaine Cole a été de cette génération à remettre la forme au service du fond au goût du jour. Un peu comme Anthony Davis a fait partie de cette nouvelle vague d’intérieurs à remettre les big men à la mode dans une ligue d’extérieurs. Parmi les plus gros talents actuels, ils font un job de grande qualité sans être starifiés à l’extrême. Tous deux all-arounds au possible, l’un peut noircir toutes les cases, et l’autre peut rayonner sur n’importe quel type de beat. Un jour, AD aura son MVP et Cole son Grammy. Ça ne semble être qu’une question de temps…

Hakeem Olajuwon est… Snoop Dogg

Vous connaissez ce tonton toujours prêt à aider les autres et à vous donner les meilleurs conseils ? C’est bien ce que représentent Snoop et The Dream dans leurs disciplines respectives. Mais malgré leur réputation de “mecs cools”, il ne vaut mieux pas les énerver, au risque de le regretter. Si vous en doutez, demandez à Eazy-E (bon, ça va être compliqué, alors écoutez plutôt “Dre Day”) ou à Michael Jordan. Snoop sort son premier album fin 1993 (assez unanimement le meilleur de sa discographie), quelques mois plus tard Olajuwon atteint son prime en remportant son premier titre et le MVP des Finales. L’un a apporté un nouveau style en NBA avec un footwork inédit chez un joueur de cette taille, l’autre a révolutionné l’interprétation rapologique à l’aide d’un flow nonchalant et un timbre de voix unique. Deux légendes rarement citées lorsqu’on évoque les tout meilleurs de l’histoire. Sûrement à tort. 

Larry Bird est… Ice Cube

Ils sont passés et ont changé les règles. Ils sont la définition d’un “game changer”. Les points communs sont nombreux entre la légende des Celtics et l’un des pionniers du gangsta rap. Parmi eux, le fait d’être des grandes gueules, les leaders de deux des crews les plus iconiques des années 80 et d’avoir réussi leurs reconversions. Tous les deux ont un physique trompeur. Bird avait une dégaine qui ne payait pas de mine, et monsieur Jackson n’avait, à premier abord, rien d’intimidant du haut de son mètre 72. Mais l’attitude, la prestance, la charisme les mettaient au-dessus du lot. Larry Legend est reconnu comme l’un des plus gros trashtalkers que la terre ait porté alors que Cube a été l’auteur d’une des diss track les plus célèbres de l’histoire : No Vaseline. En gros, valait mieux pas les emmerder, sinon ces deux-là vous humiliaient sur la place publique. Mais toujours avec une touche artistique.

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Penny Hardaway est… Andre 3000

Ils ont tous deux eu un style atypique et ont brillé au sein d’un duo de légende. Il est souvent dur de dissocier Andre du blason Outkast, n’ayant pas eu une carrière aussi impactante en solo, tout comme il est dur de penser à Penny sans penser au Shaq. S’ils ne sont pas forcément détenteurs de la même popularité que les plus grands dans leurs domaines, leur influence a été immense et ils sont souvent cités parmi les rappeurs/basketteurs préférés des personnes les ayant suivi à l’époque de leur prime. Hardaway est aujourd’hui coach à la fac et Andre 3000 n’hésite jamais à donner un coup de pouce ou de l’exposition à de jeunes artistes parfois méconnus. Une belle manière de faire perdurer leur héritage.

Dwight Howard est… Rick Ross

En 2006, Rozay sort le titre “Hustlin”. Un raz-de-marée qui fait de lui la nouvelle sensation du rap US. Mais très vite les critiques arrivent lorsqu’on le soupçonne de s’être inventé une vie de toute pièce. Un peu comme Dwight Howard qui, une fois à son prime, recevait de nombreux reproches sur sa crédibilité. Notamment sur le fait de ne pas prendre le jeu suffisamment au sérieux. Quelques scandales et dossiers qui ont refait surface ont un peu terni leur image. Aujourd’hui, après avoir fait briller les deux plus importantes villes de Floride, leurs carrières respectives suivent leurs cours mais les attentes les entourant ne sont plus les mêmes. Toujours capables de belles performances, la régularité et la consistance ne sont plus au rendez-vous et d’autres talents plus jeunes ont pris leur place au top. 

Russell Westbrook est… Travis Scott

On sait bien que vous vous attendiez à la comparaison James Harden/Travis Scott à cause de leur amour pour les Kardashian/Jenner. Mais c’était bien trop facile pour Parlons Basket. Non, pour nous la comparaison est davantage à voir chez Westbrook. Pourquoi ? Les raisons sont diverses. Avant de réellement exploser, Travis Scott fait d’abord son trou en tant que producteur, travaillant avec de grands noms du rap. Un peu à l’image de Westbrook, arrivé en NBA sans le statut de future superstar et dans l’ombre de Kevin Durant. Passés de faire-valoir à véritables leaders, ils ont patiemment attendu leur heure pour devenir ce qu’il y a de plus ravageur et hype dans leur domaine. Rap, chant et production d’un côté, points, rebonds et passes de l’autre, ces deux-là savent tout faire. Mais parfois ils le font maladroitement et cela leur attire les critiques. Forcément, ils divisent beaucoup et, très souvent, soit on les aime à l’extrême, soit on les déteste viscéralement. Totalement dans leur bulle, ils pourraient presque passer pour des autistes aux yeux de certains mais cela participe aussi à leur génie. Et évidemment, leur goût pour le fashion et les tenues extravagantes est un point commun supplémentaire. 

Rajon Rondo est… The Game

Alors que la Westcoast perd de sa superbe dans les années 2000, Jayceon Taylor alias The Game va changer la donne. Avec un premier album classique en 2005, il est au top de son jeu, entouré de ses parrains Dr. Dre, 50 Cent et Eminem. Une team de rêve. Un peu comme Rajon Rondo qui a autant profité des talents de Paul Pierce, Kevin Garnett et Ray Allen qu’eux ont bénéficié du sien. D’ailleurs, après avoir connu les sommets avec Ray Allen, Rondo est désormais en guerre avec son ancien coéquipier. Un cas qui rappelle forcément le gros différend entre Game et 50 Cent, passés d’alliés à ennemis. Après ces épisodes et comme toute histoire a une fin, ces deux très forts caractères se retrouvent livrés à eux-mêmes et baladés d’équipes en équipes. Des épisodes à oublier à Dallas ou encore Chicago pour l’un, une expérience peu probante chez Cash Money Records pour l’autre. Ils restent aujourd’hui des valeurs sûres mais leurs plus grands succès ainsi que leur prime sont des faits du passé. D’ailleurs, dans le titre “Hustlin” datant de 2010, le rappeur citait l’actuel meneur des Lakers. Pas un hasard.

Joel Embiid est… Tyler The Creator

Le point commun le plus évident est évidemment leur insolence. Jamais les derniers à provoquer la concurrence ou leurs homologues, leur capacité à tout faire passer sur le ton du “trolling” leur permet néanmoins de réussir à ne pas se faire détester par le plus grand nombre. S’ils adorent troller sur et en-dehors des terrains, il n’en reste pas moins des sacrés clients lorsqu’on parle de performance. Cette grosse dose de second degré fait entièrement partie de leur personnage mais ne dessert jamais leur talent. En tous cas, pas encore. Pépite du collectif Odd Future, Tyler a rapidement pris son envol pour briller seul, à l’écart d’un groupe remplit d’individualités extrêmement douées mais au succès mitigé. Ce qui n’est pas sans rappeler la situation actuelle du Camerounais aux Sixers, une équipe pleine de promesses mais où le doute subsiste quant à la capacité des différentes stars à donner le meilleur d’elles-mêmes au profit des résultats collectifs. Ils ont aussi su briller dans l’époque actuelle avec des bases très old-school. Embiid avec son jeu près du sol, basé sur les fondamentaux, très inspiré d’Olajuwon et Tyler avec un rap très brute, différent des codes actuels et à la musicalité originale souvent puisée chez les Neptunes. Ils ne sont pas (encore ?) l’égal des plus grandes stars du basket ou du rap mais ils font bien partie des talents les plus respectés de leurs générations.

Des comparaisons basées sur les ressemblances de trajectoires qui permettent de découvrir quelques points communs et même des similarités fascinantes entre deux personnalités. Certaines que tout semble parfois éloigner au premier abord. Si vous avez raté la première partie de notre liste, vous pouvez la retrouver en cliquant ici.

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