NBA – Si les stars de la ligue étaient des rappeurs

(DR)

Depuis très longtemps, basketball et rap sont intimement liés. Nombreux sont les rappeurs à être passés très près d’une carrière de joueur (2 Chainz, The Game, Dave East, Cam’Ron, Master P…). À l’inverse, de nombreuses stars NBA se sont prêtées au jeu de la rime avec plus ou moins de succès (Iverson, Kobe, Lillard, Shaq, Artest, Durant, Webber…). Mais vous êtes-vous déjà amusés à comparer les principaux acteurs de ces deux disciplines ? Et bien nous, nous l’avons fait, en allant jusqu’à imaginer quels rappeurs américains auraient pu être les vedettes de la ligue. 


Michael Jordan est… 2Pac 

Pour ne pas connaître l’un ou l’autre, il faut forcément avoir vécu au fin fond d’une grotte pendant de nombreuses décennies. Difficile d’être plus populaire que ces deux icônes qui ont dépassé les limites de leur sport/style musical et sont devenues les références ultimes lorsqu’on évoque leur domaine. Véritables icônes, leur aura dépasse leur vocation première. Plus que de simples basketteur et rappeur, ils ont milles facettes et ont popularisé la NBA/le rap à travers le monde entier. Érigés au statut de GOAT par beaucoup, la fascination autour de leurs parcours a été décuplée par leurs carrières écourtées, par plusieurs retraites anticipées et un malheureux drive-by. Des épisodes qui les ont rendu encore plus iconiques qu’ils ne l’étaient déjà. MJ et Pac, ou quand Space Jam s’oppose à Juice, le armband au bandana serré sur le front, les Bulls à Death Row, la langue dehors au W formé par le majeur et l’annulaire. Des traits bien distinctifs et des codes totalement ancrés dans la pop culture désormais. Les deux étaient “Above The Rim” et sortaient toutes leurs tripes lorsqu’il fallait en découdre. Deux fins de parcours amères car on aurait tous préféré que Jordan s’en aille sur The Last Shot. Pas Tupac.

Magic Johnson est… Notorious B.I.G. 

La rivalité Est/Ouest qui a frappé le rap US dans la décennie 90 était également présente en NBA. Alors si Michael Jordan est 2Pac, Magic Johnson est forcément Biggie. Même si les deux ont remporté leurs titres lors de deux décennies différentes, ils étaient un peu les deux principales têtes de gondoles de la NBA des années 80, tout comme Pac et B.I.G étaient celles du rap des années 90. Earvin Johnson a autant fait soulever les foules avec sa vista inédite balle en main que Christopher Wallace ne l’a fait avec sa technique incroyable derrière un mic. Magic a tenu la dragée haute à Jordan et Larry Bird, quand Biggie faisait de même face à Death Row pour relever New York d’un passage difficile. Le flow, les skills, la polyvalence et une fin de carrière imprévue des deux côtés. 

Wilt Chamberlain est… Big Daddy Kane 

Il est peut-être le plus grand joueur de tous les temps mais il est dur de l’admettre tant nous manquons d’éléments. Les perfs de Wilt sont souvent sous-estimées du fait qu’aucun d’entre nous ne l’ait vu jouer. Un peu comme Kane, qui malgré son immense talent, n’est pas connu des nouvelles générations, alors qu’il est à coup sûr le rappeur préféré du rappeur préféré de ton rappeur préféré. Pionnier de certains flows ayant émergés dans les années 90, il était un véritable avant-gardiste. Par sa taille et sa puissance, The Stilt était lui aussi en avance, le rendant inarrêtable et bien trop dominant pour son époque. Il ne valait mieux pas se mettre sur son chemin, comme il ne valait mieux pas oser un battle face au rappeur new-yorkais. Et quand on y repense, le Juice Crew était en quelque sorte l’équivalent des Lakers de 1972 : une superteam sous-estimée. 

Kevin Garnett est… Lil Wayne  

Qui est Lil Wayne ? Un mec arrivé très jeune dans le game avec un très fort potentiel. Son côté un peu fou et son attitude “j’emmerde le monde” sont des traits forts de sa personnalité. Après un début de carrière assez ordinaire en tant que jeune vedette locale, il est devenu une méga star internationale dominant sérieusement pendant quelques années. Désormais, après avoir accompli de nombreux exploits, il termine sa carrière sans pression uniquement pour l’amour de la musique. Très critiqué, il a souvent été mal compris, mais à n’en pas douter, il laissera une trace et un héritage assez incroyable sur la durée. Vous l’avez ? Vous l’avez ? Oui, c’est tout Kevin Garnett ! Et demandez-leur, 2008 reste sans doute leur plus belle année. Les Celtics et le Young Money de l’époque, deux superteams dont ils étaient le moteur.  

Allen Iverson est… Nas 

L’album Illmatic est un peu l’équivalent de la draft 1996. Un projet réunissant les meilleurs et qui va révolutionner le game et influencer bons nombres de rappeurs/basketteurs dans les générations qui vont suivre. Les deux ont changé les codes. Iverson par son look, sa folie, ses crossovers. Nas par ses métaphores et ses lyrics novateurs. Allen a importé le jeu de la rue à un niveau pro, et Nasir un rap de rue mêlé à de la poésie. Totalement décomplexés, ils rendent la street culture accessible à tous. Aujourd’hui, à 43 ans, A.I. n’a toujours pas abandonné le look casquette-chaînes-vêtements amples et Nas, du haut de ses 45 ans, ne fait toujours pas de pop sur fond d’autotune. On ne change pas les bonnes vieilles habitudes, ces deux-là sont la définition de l’authenticité et resteront les mêmes jusqu’au bout. L’un n’a jamais été un très gros vendeur de disques qui accumule les récompenses et l’autre s’en est allé sans aucune bague au compteur. Mais ça n’a finalement que peu d’importance. Leur impact est ailleurs.

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Kobe Bryant est… Jay-Z 

Allen Iverson est Nas, donc Kobe Bryant doit être Jay-Z. Entre Jay-Z et Nas comme entre Kobe et The Answer, l’un a rencontré le succès que l’autre n’a pas connu, leur longue rivalité en a tenu plus d’un en haleine et le respect est désormais mutuel entre les deux. Le premier album de Jay-Z sort en 96, l’année de draft du Black Mamba. Le moment où tout a commencé pour ces deux surdoués. Très vite, c’est un enchaînement d’un album majeur par an pour le premier, et de plusieurs titres consécutifs pour le second. Ils ont tous les deux soufferts des comparaisons incessantes avec Biggie et Jordan, à qui on leur a souvent reproché de souvent s’inspirer au point de parfois tomber dans le mimétisme. Tout comme ils ont pu être régulièrement victimes des “Kobe ne sait pas gagner sans Shaquille O’Neal” ou “Beyoncé t’as rendu célèbre”. Mais peu importe, ils ont su tracer leur propre voie afin de devenir eux-mêmes des sources d’influences parmi les plus importantes. 2004 fut l’heure de se réinventer pour les deux, Kobe perdait Shaq pendant que « Jigga » s’apprêtait à sortir de sa “fausse retraite”. Et ils y parviennent de bien belles manières en prenant une autre dimension. Kobe devient l’homme aux 81 points et Jay-Z un producteur de renom en lançant notamment la carrière d’une certaine Rihanna. KB regagne deux nouveaux titres et Mr. Carter devient l’un des hommes d’affaires les plus puissants de l’industrie. Trajectoires liées.

Shaquille O’Neal est… Eminem 

Talentueux dès le départ, ils ont eu le coup de pouce parfait au meilleur moment pour donner un autre tournant à leur carrière. Et celui-ci est venu de Los Angeles. Dr. Dre pour l’un, les Lakers pour l’autre. A partir de là, c’était fini pour la concurrence. Une fois le bulldozer de sortie, ils ont absolument tout écrasé sur leur passage. On ne reverra sans doute plus jamais un pivot dominer comme Shaq l’a fait, tout comme on ne verra sans doute plus un engouement et des chiffres de ventes comme ceux qu’a pu faire le blondinet de Detroit dans le rap. Durant toutes ces années, le Diesel a sûrement postérisé autant d’adversaires que Slim Shady n’a arrêté de carrière. Sans compter que les deux sont également réputés pour leur sens du gag et du comique, toujours prêts à amuser la galerie, surtout dans leurs jeunes années. Un trait de leur personnalité qui ne les décrédibilisait pas pour autant, tant leur talent unique leur offrait un respect inaltérable. Mais comme rien n’est parfait, Shaq s’est un peu perdu sur la fin avec 3 équipes en 3 ans et Eminem fait désormais de même en enchaînant les albums plutôt moyens.

Kevin Durant est… Drake 

Malgré son étiquette de rappeur “fragile”, Drake s’est fait sa place dans le milieu et a obtenu le respect de ses pairs. Tout comme Kevin Durant qui a survécu à l’épisode “cupcake”. Les deux ont tout de suite su s’adapter à leur arrivée et se bonifier au cours du temps. Durant est aujourd’hui critiqué pour son choix d’avoir rejoint Golden State. La facilité dira-t-on. Comme quand Drake surfe sur les tendances ou laisse les autres écrire ses textes. Mais malgré tout, le succès s’accroche à eux et ils traversent les tempêtes avec une sérénité déconcertante. Et qu’on le veuille ou non, leur talent est indiscutable. Ils sont ceux qu’on aime détester et c’est ce qui les fait avancer et devenir meilleurs ! 

Stephen Curry est… Kendrick Lamar 

On ne les attendait pas forcément au tournant en début de carrière et pourtant ils sont devenus immenses, dépassant toutes les attentes. Chacune de leurs sorties est désormais un événement. Steph et Kendrick, c’est : Babyface contre Good Kid, 3 titres contre 3 albums classiques (voire quatre). Comme l’un des deux le dit si bien : “Be Humble”. Simples, naturels, sans bling-bling, ils font parler d’eux uniquement par leurs performances. Oui, la performance à tout prix. Chaque couplet doit être au-dessus du précédent et chaque record doit être battu. En quelques années, ils se sont imposés parmi les meilleurs de leur génération. Si TDE et les Warriors sont les meilleures cliques de l’ère actuelle, ils n’y sont évidemment pas étrangers.

LeBron James est… Kanye West 

Évidemment, cette comparaison fera débat car beaucoup de choses opposent ces deux phénomènes. À commencer par leurs prises de positions politiques. Mais bien plus de points que vous croyez les réunissent. Avec Barack Obama, ils sont sans doute les deux personnalités masculines noires-américaines les plus populaires et influentes de ces 10 dernières années. Sûrs de leurs forces et maîtres dans l’arrogance, l’un s’est auto-proclamé King, alors que l’autre se compare sans cesse à un Dieu. Le jeune LeBron se faisait tatouer The Chosen One dans le dos avant même de mettre un pied sur un parquet NBA. Le même culot qui a poussé un Kanye inexpérimenté à s’annoncer futur roi de Chicago, alors qu’il n’avait même pas encore sorti le moindre album. En découle une première saison historique pour l’un, un premier album classique pour l’autre. D’ailleurs, ce dernier se prénomme “The College Dropout” soit en français “L’abandon de l’université”. Lorsqu’on sait que LeBron fait partie de ces joueurs qui ont refusé de passer par la fac après le lycée, le clin d’oeil est parfait. Après ça, la machine est lancée ! Pas de temps d’adaptation, ils deviennent immédiatement incontournables. Il a souvent été reproché à l’idole de Cleveland d’avoir un style de jeu peu élégant et au natif de Chicago d’avoir une plume un peu trop élémentaire pour être considéré comme un lyriciste. Mais au final, leur créativité sans limite et leurs chiffres importants masquent leurs faiblesses. Rois du marketing, les erreurs de communication ont tout de même posé quelques embûches sur leur parcours. L’impact de The Decision et la pauvre Taylor Swift peuvent en témoigner. James a bien réussi à redorer son image, là où Ye continue de la ternir, mais une chose est sûre, ces deux monstres contemporains ont marqué leur époque à tout jamais.

Des comparaisons basées sur les ressemblances de trajectoires qui permettent de découvrir quelques points communs et même des similarités fascinantes entre deux personnalités. Certaines que tout semble parfois éloigner au premier abord. La liste est encore longue et, si vous aimez le concept, la seconde partie est disponible ci-dessous.

Mais aussi : Si les stars de la ligue étaient des rappeurs (Partie 2)

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