NBA – « Et si on redraftait ? » : La Draft 1996

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Bienvenue dans notre rubrique : « Et si on redraftait ? » . Le concept est inspiré par celui du média HoopsHype mais reste, bien sûr, totalement adapté à notre vision. Le principe ? Il est simple. On reprend une draft NBA et on refait une sélection dans l’ordre qui serait le plus probable si elle devait avoir lieu aujourd’hui.

Les critères ? Ils sont larges, mais sont basés en priorité sur l’impact du joueur sur le jeu et sur la ligue, le niveau global de sa carrière, son niveau intrinsèque, sa longévité et sa régularité à travers les années. Pour les drafts suffisamment récentes, la marge de progression peut également entrer en compte. Pour les drafts où la majorité (ou tous) des joueurs sont à la retraite, ce sera les mêmes critères, mais avec évidemment un regard beaucoup plus globale sur l’entièreté d’une carrière et ses accomplissements. Par contre, l’ordre n’est absolument pas influencé par les équipes qui pickaient à l’époque, nos choix en sont totalement indépendants. Étant donné que procéder sur 60 choix sera rarement très pertinent, nous nous contenterons de simuler le 1er tour en s’attardant prioritairement sur le top 10.

On s’attaque aujourd’hui à l’une des meilleures drafts de tous les temps : celle de 1996 !

1. Kobe Bryant (Position réelle : 13ème) / +12

Il n’y a pas match. Avec le recul, Kobe Bryant est bien l’élément majeur de cette draft 96. Le meilleur joueur de l’histoire des Lakers (c’est pas nous, c’est Magic Johnson qui le dit) a écrit sa propre légende dans la franchise la plus exigeante qui soit, en débarquant de high school à l’âge de seulement 17 ans dans l’équipe de ses rêves. Il y a gagné cinq titres et y est devenu l’un des plus grands de l’histoire. On ne détaillera pas son palmarès long comme le bras, ou plutôt comme la liste des défenseurs qu’il a martyrisé. Mais celui-ci est, au mieux, à la hauteur de son talent. C’est vrai quoi, un seul et unique trophée de MVP de saison régulière pour un joueur si immense, c’est pas un peu léger ?

2. Steve Nash (Position réelle : 15ème) / +13

Des statuettes Maurice Podoloff sur la commode, Steve Nash, lui, en possède deux. Une de plus que Kobe donc. Totalement méritées ou pas, ces deux récompenses sont bien représentatives de l’extraordinaire chef d’orchestre que fut Steve Nash durant ses nombreuses années NBA. Le Canadien a commencé sa carrière doucement et l’a terminé péniblement. Mais entre ces deux périodes brouillonnes, il fut tout simplement le meilleur meneur de la ligue. Une qualité de passe rarement vue combinée à une adresse renversante ont fait de lui une machine à exploser les défenses, le plaçant aujourd’hui 3e du classement des meilleurs passeurs de l’histoire et dans le top 10 des joueurs les plus adroits derrière l’arc. Mais contrairement à Kobe qui est sans trop de contestation le deuxième meilleure arrière de tous les temps, Nash n’a pas su gagner unanimement le gratin du gratin à son poste. Il est encore trop souvent devancé dans beaucoup de discussions par Magic Johnson, John Stockton, Isiah Thomas, Oscar Robertson, et devra encore composer avec la concurrence de Chris Paul, Russell Westbrook ou encore Stephen Curry qui sont encore loin d’avoir fini leurs carrières.

3. Allen Iverson (Position réelle : 1er) / -2

Practice ? S’entraîner n’était pas vraiment le dada d’Allen Iverson. Aurait-il été un joueur encore davantage supérieur s’il avait eu le goût pour le travail d’un Michael Jordan ou d’un Kobe Bryant ? On ne le saura jamais, mais l’idole de Philadelphie avait un tel talent qu’on ne peut pas s’empêcher d’évoquer une petite dose de « gâchis » dans une carrière pourtant récompensée de nombreux succès. En octobre 1996, The Answer débarque en NBA comme un diamant déjà parfaitement taillé. À seulement 21 ans, il tourne déjà à 23.5pts, 7.5asts, 4.1rbds et 2.1 stls de moyenne. Une des meilleures saisons rookies de l’histoire ! Le début d’une folle carrière. Par son jeu et sa personnalité, il change considérablement les codes de la ligue et accouche de mini-sosies sur tous les playgrounds du monde. Une folle carrière que, malheureusement, aucun titre ne viendra récompenser. Un critère qui lui fait malheureusement souvent défaut lorsqu’il s’agit de lui attribuer sa place dans l’histoire.


4. Ray Allen (Position réelle : 5ème) / +1

« Jesus » aurait pu se faire sa place sur le podium, mais il échoue finalement au pied de celui-ci, derrière trois MVP. Contrairement à ses trois compères, Ray Allen n’a jamais été sélectionné dans une All-NBA 1st Team. Sous le statut de franchise player qu’il a longtemps occupé, l’arrière a rarement été dans une équipe qui gagne. En 2001, avec les Bucks, il se fait sortir par Allen Iverson et les Sixers en finale de conférence. Il n’aura jamais fait mieux en tant que chef de meute. C’est en arrivant aux Celtics avec moins de responsabilité et un rôle au rabais qu’il a enfin pu connaître les meilleurs résultats collectifs de sa carrière, et sa première bague ! Il y a plus d’un an, il annonçait officiellement sa retraite avec deux titres au compteur. Le deuxième acquis au Heat à la suite d’un des shoots les plus clutchs de l’histoire des finales. LE highlight d’une longue et belle carrière. Quoi de plus normal qu’une telle action pour un joueur clutch et au geste parfait. Le shoot, une action de jeu pour laquelle il sera à jamais reconnu comme une référence ultime, peu importe la distance. Mais c’est bien « from downtown » qu’il n’a presqu’aucun égal dans l’histoire. Meilleur shooteur n’ayant jamais foulé un parquet pour beaucoup, l’ancien Sonic est le leader au nombre de 3 points inscrits en saison régulière et en playoffs… en attendant Stephen Curry.

5. Jermaine O’Neal (Position réelle : 17ème) / +12

Tout comme Kobe, c’est en provenance directe du lycée que Jermaine O’Neal a débarqué dans la grande ligue. Il lui a d’abord fallu de longues saisons d’adaptation dans une équipe de Portland en pleine période « pré-Jail Blazers », mais il a bien fini par exploser. À 21 ans, O’Neal débarque aux Pacers et va définitivement se lancer. Il s’impose comme un titulaire indiscutable et obtient la récompense du Most Improved Player dès sa deuxième saison. Au milieu des années 2000, il est l’un des meilleurs intérieurs de la ligue et termine même sur le podium des votes MVP en 2004, devancé uniquement par Kevin Garnett et Tim Duncan. Quelques mois plus tard, lors du « Malice at the Palace », la bagarre la plus célèbre de la NBA, il reçoit la troisième plus lourde suspension. Ce qui ne l’empêchera pas d’être All-Star cette saison là, pour l’une de ses 6 sélections. Si sa fin de carrière ne fut pas vraiment à la hauteur, Jermaine O’Neal a éclaboussé la NBA de son talent durant son prime de quelques années où il fut l’un des attaquants les plus redoutables dans les raquettes adverses !

6. Peja Stojakovic (Position réelle : 14ème) / +8

L’équipe des Sacramento Kings du début des années 2000 est restée dans les mémoires. À l’image des Phoenix Suns de Mike D’antoni, du Utah Jazz mené par Karl Malone et John Stockton, ou encore des Sonics version années 90, cette équipe a marqué toute une génération sans jamais remporter de titre. Parmi eux, se trouvait le serbe Peja Stojakovic. L’un des shooteurs les plus purs de l’histoire. Recordman de banderilles longue-distance sous le maillot violet et double vainqueur du concours à 3 points. Il a passé 7 saisons et demi à Sacramento, étant durant plusieurs d’entre elles la seconde option offensive d’un effectif bien rodé. À son actif, trois All-Star Games et quatre saisons à plus de 20 points de moyenne. Et, coïncidence ou pas, c’est depuis son départ que les Kings n’ont plus jamais retrouvé les playoffs. Fin de carrière en feu d’artifice pour lui, qui quitte la scène sur un titre avec les Dallas Mavericks.

7. Stephon Marbury (Position réelle : 4ème) / -3

Celui que l’on surnommait « Starbury » est de loin parmi les talents les plus prononcés de cette draft 96. Aujourd’hui idole en Chine, Marbury était d’abord destiné à une carrière de Hall of Famer sur les planches NBA. Le jour même de la draft, il est échangé contre Ray Allen du côté de Minnesota où il forme le duo de l’avenir avec Kevin Garnett. Un tandem de courte durée malheureusement, puisqu’il rejoint les Nets trois ans plus tard. Il y connaîtra sans doute ses meilleures années sur le plan individuel mais peu de réussite sur le plan collectif, comme dans toute sa carrière. En 13 saisons, il n’a connu que 5 campagnes de playoffs pour 32 matchs joués, dont 14 avec les Celtics de 2009 dans un rôle de joueur de bout de banc. Bien trop peu pour un joueur talentueux mais qui n’a jamais vraiment brillé dans les moments attendus. Comme lors de son passage aux Knicks, qui fut en-dessous des espérances et marqué par de nombreux conflits. Marbury était un joueur de statistiques, mais son impact global était trop limité pour espérer à mieux. Au final, avec 19 points et presque 8 passes de moyenne en carrière et deux participations au match des étoiles, le meneur est détenteur d’une carrière plus qu’honorable. Même si quelque peu frustrante.


8. Antoine Walker (Position réelle : 6ème) / -2

Souvent moqué pour sa sélection de shoots ou certains de ses choix, « Toine » n’en demeurait pas moins un très bon joueur de basket. Un garçon que l’on aimait détester, en somme. Complet à souhait et très mobile et habile pour son poste, ses qualités l’ont emmené au All-Star Game à trois reprises. Franchise player dès sa saison rookie à Boston, avant de former un duo costaud avec Paul Pierce lors de la fin des années 90 et début des 2000. Une franchise dans laquelle il a délivré bons nombres de belles performances célébrées à coup de « Shimmy », bien avant qu’un certain Stephen Curry ne le rende davantage populaire. En 2005, il rejoint Miami et devient champion NBA dès sa première saison en étant le deuxième meilleur scoreur du Heat lors des finales. Loin derrière Dwyane Wade mais juste devant le Shaq. Le dernier temps-fort sportif d’un homme plutôt instable qui vivra une retraite difficile par la suite.

9. Marcus Camby (Position réelle : 2ème) / -7

Lorsqu’on pense à l’archétype du pivot défensif, intimidateur et athlétique, le nom de Marcus Camby est souvent parmi les premiers à sortir. Véritable espoir à sa sortie de fac, il s’empressera de confirmer en NBA où il arrive prêt et à maturité à l’âge de 22 ans. Dans la lignée d’un Dikembe Mutombo pour son profil, il a lui aussi fait le bonheur des Denver Nuggets, mais aussi des New York Knicks, Toronto Raptors ou encore Los Angeles Clippers. Dans chacune de ces équipes, Camby a fait valoir ses qualités de rebondeur, de solide défenseur, et surtout de contreur hors-pair ! Avec 2331 contres en carrière, il est en 12e position du classement All-Time. Meilleur défenseur de la ligue en 2007, quatre fois meilleur contreur, deux fois élu dans la première équipe défensive, deux fois dans la seconde… Rien que ça. Mais après une finale NBA avec les Knicks en 1999 et une finale de conférence l’année suivante, Camby n’a plus jamais passé un tour de playoffs. Un assez triste constat pour un joueur qui aurait mérité meilleur palmarès.

10. Shareef Abdur-Rahim (Position réelle : 3ème) / -2

Avant d’arriver à Memphis, les Grizzlies se trouvait à Vancouver, au Canada. Sous cette identité, la franchise n’a perduré que 6 années. Dont 5 durant lesquelles Shareef Abdur-Rahim fut la star de l’équipe. Le n°3 de la draft 96 peut donc facilement se vanter d’être le meilleur joueur de l’histoire des Vancouver Grizzlies. Dès sa saison rookie, alors qu’il n’a que 20 ans, il évolue à 18,7pts et 6.9rbds de moyenne, terminant 3e des votes pour le ROY derrière Allen Iverson et Stephon Marbury. Ce sacré talent poste bas enchaîne ensuite 5 saisons à plus de 20 points incluant sa première année à Atlanta. Lors de cet exercice, il sort un match à 50 points contre les Pistons (une des meilleures équipes de la conférence Est) et dispute son seul All-Star Game. Mais Abdur-Rahim n’a pas l’aura d’un réel franchise player et joue dans des équipes qui passent leur temps à perdre. Il attendra d’ailleurs les playoffs 2005 pour disputer son premier match de post-season. C’était avec les Kings. Il détenait alors l’un des plus gros nombre total de matchs joués sans avoir jamais connu les playoffs. Il prend finalement sa retraite à seulement 31 ans après 12 saisons, suite à une blessure au genou.

Mais aussi :

11. Zydrunas Ilgauskas (Position réelle : 20ème) / +9

12. Derek Fisher (Position réelle : 24ème) / +12

13. Erick Dampier (Position réelle : 10ème) / -3

14. Kerry Kittles (Position réelle : 8ème) / -6

15. Lorenzen Wright (Position réelle : 7ème) / -8

16. Tony Delk (Position réelle : 16ème) / 0

17. Malik Rose (Position réelle : 44ème) / + 27

18. Jeff McInnis (Position réelle : 37ème) / +19

19. Shandon Anderson (Position réelle : 54ème) / +35

20. Walter McCarthy (Position réelle : 19ème) / -1

21. Othella Harrington(Position réelle : 30ème) / +9

22. Jerome Williams (Position réelle : 26ème) / +4

23. Vitaly Potapenko (Position réelle : 12ème) / -11

24. Samaki Walker (Position réelle : 9ème) / -15

25. John Wallace (Position réelle : 18ème) / -7

26. Jamie Feick (Position réelle : 48ème) / +22

27. Moochie Norris (Position réelle : 33ème) / +6

28. Travis Knight (Position réelle : 29ème) / +1

29. Todd Fuller (Position réelle : 11ème) / -18

30. Randy Livingston (Position réelle : 42ème) / +12

Pour résumer :

Comme on le constate souvent sur des grosses drafts, une vraie chute intervient en terme de qualité aux alentours de la 20e place, où beaucoup de joueurs n’ont laissé qu’une petite marque en NBA. Mais le top 15 est d’un niveau relativement élevé, avec 10 premières places évidemment exceptionnelles dont un top 4 de Hall Of Famers et un total de 64 sélections au All-Star Game réparties sur 10 joueurs. Les deux premières places étant occupées par le 13e et le 15e choix, cela offre un visage assez unique à cette draft 1996. On peut évidemment considérer Kobe Bryant, Jermaine O’Neal et Steve Nash comme de sacrés coups lorsqu’on compare leurs positions à la draft et leurs carrières. Mais de manière générale, la liste ne comporte pas énormément de steals, avec un second tour d’assez faible niveau. Une petite pensée également pour Ben Wallace, arrivé en NBA la même année et qui aurait largement eu sa place dans le top 10 sans son statut de « undrafted player ».

Vous pouvez également retrouver les autres numéros de notre chronique « Et si on redraftait ? » :


La Draft 1998


La Draft 2001


La Draft 2007


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