NBA – « Et si on redraftait ? » : La Draft 2005

NBA Draft 2005
(NR)

Bienvenue dans notre rubrique « Et si on redraftait ? » . Le concept est inspiré par celui du média américain HoopsHype mais reste, bien sûr, totalement adapté à notre vision. Le principe ? Il est simple. On reprend une draft NBA et on refait une sélection dans l’ordre qui serait le plus logique si elle devait avoir lieu aujourd’hui.

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Les critères ? Ils sont larges, mais sont basés en priorité sur l’impact du joueur sur le jeu et sur la ligue, le niveau global de sa carrière, son niveau intrinsèque, sa longévité et sa régularité à travers les années. Pour les drafts suffisamment récentes, la marge de progression peut également entrer en compte.

Pour les drafts où la majorité (ou tous) des joueurs sont à la retraite, ce sera les mêmes critères, mais avec évidemment un regard beaucoup plus global sur l’entièreté d’une carrière et ses accomplissements. Par contre, l’ordre n’est absolument pas influencé par les équipes qui pickaient à l’époque, nos choix en sont totalement indépendants. Étant donné que procéder sur 60 choix sera rarement très pertinent, nous nous contenterons de simuler le 1er tour en s’attardant prioritairement sur le top 10.

Toutes les drafts disponibles :

La draft 2005

En juin 2005, les Spurs viennent à bout des Pistons en 7 matchs et font perdurer leur dynastie en remportant leur troisième titre en sept ans. Quelques semaines avant, Steve Nash remportait son premier trophée de meilleur joueur de la saison. Un champion et un MVP qui puent les fondamentaux, un contexte idéal pour souhaiter la bienvenue à une promotion de jeunes joueurs en grande majorité dans le même esprit. Par la suite, Chris Paul et Deron Williams viendront contester le titre de « best point guard alive » à leur aîné canadien, alors que 10 ans plus tard, Andrew Bogut et David Lee glaneront ensemble un titre avec les Warriors de Steve Kerr, héritier direct des méthodes de Gregg Popovich. Tout était écrit…

1. Chris Paul (Position réelle : 4ème) / +3

Quel est le meilleur meneur de jeu de ces 20 dernières années ? Le choix est large. Steve Nash ? Jason Kidd ? Stephen Curry ? Tony Parker ? Russell Westbrook ? Chauncey Billups ? La liste est longue et variée. Et dans cette longue liste, il est interdit d’oublier Chris Paul ! Si contrairement à la plupart des noms cités ci-dessus, l’actuel meneur du Thunder n’a aucune bague au doigt, son œuvre se doit d’être jugée sous un angle plus large. Des moyennes de 18.5 points, 9.7 passes et 2.2 interceptions en carrière et 11 participations aux playoffs sur 14 possibles donnent le ton. Et c’est avant d’évoquer ses nombreuses distinctions individuelles. 9 étoiles au compteur, 6x meilleur intercepteur, 4x meilleur passeur, 8x All-NBA, 9x All-Defensive, 1 ROY et même un trophée de MVP effleuré du bout des doigts en 2008, alors qu’il était seulement dans sa troisième saison. Bref, on s’arrête là. Si CP3 arrive à être considéré dans le débat du meilleur du siècle à son poste sans même jamais avoir disputé une seule finale NBA, cela prouve à quel point il n’est pas loin d’écraser la concurrence sur la majorité des autres critères. 

2. Lou Williams (Position réelle : 45ème) / +43

Qui l’eut cru ? Que ce 45e choix de draft auteur de deux premières saisons presque transparentes deviendrait l’un des plus gros talents offensifs de la ligue une dizaine d’années plus tard. Et accessoirement l’un des meilleurs sixièmes hommes de l’histoire. Dans la lignée des Jamal Crawford et autre Manu Ginobili, Lou Will fait partie de ces arrières marquants à pouvoir être le fer de lance d’une attaque en sortie de banc. Avec 110 matchs débutés sur 936 disputés en saison régulière, aucune titularisation sur 58 joutes de playoffs, il est la définition du remplaçant de luxe. Personne n’a inscrit plus de points en sortie de banc dans l’histoire que celui qui vient d’être récompensé pour la troisième fois du trophée de meilleur remplaçant. Record égalé. Go-to-guy des Clippers depuis le départ de Blake Griffin, il vient de réaliser ses deux meilleurs exercices à maintenant 32 ans, au sein d’une équipe ambitieuse. Un bon vin, comme on dit. Et pourquoi pas une première bague en 2020 ? C’est plus que jamais le moment !    

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3. Deron Williams (Position réelle : 3ème) / =

Est-ce vraiment juste d’accorder le top 3 de cette draft à un garçon qui a vu sa carrière prendre un grand coup à seulement 28 ans et qui a connu une fin de parcours des plus incompréhensibles ? Certes, D-Will n’a peut-être pas la longévité pour lui, ni les titres. Mais comment ne pas rendre son dû à un joueur qui a été durant plusieurs années dans la discussion du meilleur joueur à son poste. Un triple All-Star, deux fois All-NBA 2nd Team, qui affichait des moyennes proches ou supérieures à 20-10 lors de 5 saisons consécutives entre 2008 et 2012. Avec Utah, ce sont 4 campagnes de playoffs pour des chiffres qui culminent à 21.1 points, 9.6 assists, 3.6 rebonds et 40% de réussite à longue distance ! Un prime court mais exceptionnel. 

4. Andrew Bogut (Position réelle : 1er) / -3

En 2005, Bogut devient l’un des rares étrangers à être drafté en première position de la draft NBA. L’Australien n’a jamais eu l’aura ou l’influence attendue d’un premier choix mais il a fait preuve d’une constance indiscutable dans ses performances. Joueur à l’impact défensif important et aux fondamentaux offensifs solides, il fut un élément majeur dans la conquête du premier titre des Warriors en 2015. Interdit donc de considérer le pivot comme un “bust”, même si les fous de statistiques auraient tendance à le faire. All-NBA 3rd Team en 2010 avec Milwaukee, 2nd All-Defensive en 2015 avec Golden State mais aussi meilleur contreur de la ligue en 2011. Un joli palmarès et une carrière qui aurait pu être remplie de davantage de succès sans de nombreuses blessures.   

5. Monta Ellis (Position réelle : 40ème) / +35

Pour compléter le top 5, c’est un autre steal de cette draft qui pointe son nez. Cauchemar des défenses durant ses années Warriors, ses pénétrations incessantes et son jeu mi-distance en ont fait un joueur redoutable. Leader d’un jeu offensif cadencé, il est le franchise player d’une équipe qui pose alors les bases de ce qu’elle deviendra après son départ : l’une des meilleures escouades de tous les temps. Sur le papier, son duo avec Stephen Curry aurait pu former un backcourt de rêve bien avant l’arrivée de Klay Thompson. Malheureusement, leur complémentarité n’était pas suffisante pour leur permettre d’évoluer ensemble vers les sommets de la ligue. Un trophée de M.I.P décroché en 2007 reste sa seule réelle distinction. Dur constat pour ce sacré scoreur qui n’aurait vraiment pas volé une sélection All-Star, voire deux.

6. Danny Granger (Position réelle : 17ème) / +11

Avant la période Victor Oladipo et l’ère Paul George, qui l’a précédée, le go-to-guy des Pacers s’appelait Danny Granger. Shooteur gros volume et scoreur multicarte, il a été un ailier important de la fin des années 2000/début 2010, s’imposant alors comme une sorte de bonne réplique de Carmelo Anthony. M.I.P et All-Star en 2009, il est alors à son prime mais rate les playoffs. Les résultats collectifs, un critère qui manque cruellement à une carrière finalement assez courte, gâchée par plusieurs blessures sérieuses, rendant ses passages à L.A et Miami totalement anecdotiques. Entre 2009 et 2011, Danny Granger c’est trois saisons combinant plus de 23 points de moyenne et au final une sixième position dans la hiérarchie des meilleurs scoreurs de l’histoire des Pacers.

Lire aussi | Qu’est devenu Danny Granger depuis sa retraite ?

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7. David Lee (Position réelle : 30ème) / +23

Marquant par sa combativité, son intelligence de jeu et ses qualités de basketteur naturel, David Lee s’est inscrit pendant de nombreuses années parmi les intérieurs les plus rentables de la ligue. Fort rebondeur et scoreur régulier, ses qualités dans ces deux domaines en ont fait un roi du double-double, une catégorie statistique qu’il a dominé à deux reprises dans sa carrière (2009 et 2013).  Une carrière solide récompensée par une bague NBA avec les Warriors en 2015. Une star des années 2000 souvent oubliée mais qui était véritablement l’un des intérieurs les plus dominants à son meilleur niveau.  

8. Nate Robinson (Position réelle : 21ème) / +13

S’il n’a jamais atteint le statut de “grand joueur”, Nate Robinson a su devenir un visage marquant des années 2000. Par sa personnalité, par son cœur et par sa petite taille, il est devenu un personnage emblématique en NBA. Mais surtout, Robinson représentait l’accomplissement de l’impossible. Du haut de son mètre 75, qui a souvent fait de lui le plus petit joueur de la ligue, il a remporté trois concours de dunks en cinq ans. Des highlights faisant le tour de la terre et l’établissant en véritable phénomène de la discipline. Mais Kryptonate n’était pas qu’un simple dunkeur. Issu de l’école de joueurs fortement influencés par Allen Iverson, il faisait parler son style de jeu insouciant mettant en valeur sa forte agilité et ses talents de finisseur, tout en sachant parfois être clutch. Au cours de sa carrière, il a souvent été un remplaçant efficace et apportant des points cruciaux, le tout sur des marchés mythiques comme à New York, à Boston ou même à Chicago où quelques-unes de ses performances en playoffs ont marqué les fans de l’Illinois.

9. Raymond Felton (Position réelle : 5ème) / -4

Baladé sur des postes de remplaçant depuis quelques années, la carrière de Raymond Felton se rapproche de la fin dans des circonstances plus que modestes. 5e choix de draft, l’avenir s’annonçait radieux pour ce produit de North Carolina. Au final c’est une carrière honnête mais en demi-teinte que le meneur s’est construit. Son hygiène de vie douteuse et son surpoids ayant très probablement pesés dans la balance (sans mauvais jeu de mots). Mais il serait bien de ne pas oublier qu’à son peak, l’ancien Knick valait quand même 15 points et 8 passes de moyenne et qu’il reste dans le top 5 All-Time des Hornets/Bobcats en interceptions et en passes. Parmi les joueurs en activité, il n’est d’ailleurs devancé que par 8 d’entre eux concernant le nombre de passes décisives en carrière, précédant notamment James Harden et Stephen Curry.

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10. Marvin Williams (Position réelle : 2ème) / -8

Très haut pick de draft, Marvin Williams n’a jamais atteint le potentiel espéré par des Hawks en pleine reconstruction, qui le choisissent alors pour faire équipe avec leur nouvelle star, Joe Johnson. Pas d’explosion mais une endurance à toute épreuve. Après 14 ans dans la ligue, Williams est devenu un vétéran respecté et toujours titulaire. Avec peu de coups de chaud mais aussi peu d’échecs cuisants, il est la force tranquille qui fait toujours le boulot sans briller. On pourrait effectivement dire qu’il se contente du strict minimum, mais l’ailier de Charlotte est le type de joueur qui pourrait sans doute jouer jusqu’à 40 ans ou presque en apportant toujours sa précieuse contribution.

Mais aussi :

11. Marcin Gortat (Position réelle : 57ème) / +46

12. Jarrett Jack (Position réelle : 22ème) / +10

13. Ersan Ilyasova (Position réelle : 36ème) / +23

14. C.J. Miles (Position réelle : 34ème) / +20

15. Channing Frye (Position réelle : 8ème) / -7

16. Andrew Bynum (Position réelle : 10ème) / -6

17. Charlie Villanueva (Position réelle : 7ème) / -10

18. Amir Johnson (Position réelle : 56ème) / +38

19. Gerald Green (Position réelle : 18ème) / -1

20. Brandon Bass (Position réelle : 33ème) / +13

21. Ian Mahinmi (Position réelle : 28ème) / +7

22. Andray Blatche (Position réelle : 49ème)/ +27

23. Martell Webster (Position réelle : 6ème) / -17

24. Francisco Garcia (Position réelle : 23ème) / -1

25. Ronny Turiaf (Position réelle : 37ème) / +12

26. Rashad McCants (Position réelle : 14ème) / -12

27. Linas Kleiza (Position réelle : 27ème) / =

28. Luther Head (Position réelle : 24ème) / -4

29. Jason Maxiell (Position réelle : 26ème) / -3

30. Joey Graham (Position réelle : 16ème) / -14

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Pour résumer :

Vous l’aurez compris, même si elle possède ses qualités, la draft 2005 souffre quand même de la comparaison. Son gros défaut est évidemment la longévité. Hormis Chris Paul, auteur d’une immense carrière et Lou Williams, qui a su monter en puissance au fil des années, la plupart des joueurs ont connu un prime court, voire très court. De nombreuses carrières ont explosé en plein vol, à l’image de celles de Deron Williams, Danny Granger ou le gros point d’interrogation Andrew Bynum. Des talents qui auraient pu prétendre à bien plus de reconnaissance et qui laisseront pour toujours quelques regrets accrochés à leurs noms.

On peut imaginer que seuls 5 All-Stars et un seul Hall Of Famer ressortiront de ce lot de 60 noms. Un bilan léger. La cuvée 2005 est également la plus française des drafts (avec la 2016), possédant en son sein quatre internationaux. Mahinmi et Petro, choisis au premier tour, et Turiaf et Gelabale au second. 

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