Bienvenue dans notre rubrique « Et si on redraftait ? » . Le concept est inspiré par celui du média HoopsHype mais reste, bien sûr, totalement adapté à notre vision. Le principe ? Il est simple. On reprend une draft NBA et on refait une sélection dans l’ordre qui serait le plus logique si elle devait avoir lieu aujourd’hui.

Les critères ? Ils sont larges, mais sont basés en priorité sur l’impact du joueur sur le jeu et sur la ligue, le niveau global de sa carrière, son niveau intrinsèque, sa longévité et sa régularité à travers les années. Pour les drafts suffisamment récentes, la marge de progression peut également entrer en compte. Pour les drafts où la majorité (ou tous) des joueurs sont à la retraite, ce sera les mêmes critères, mais avec évidemment un regard beaucoup plus global sur l’entièreté d’une carrière et ses accomplissements. Par contre, l’ordre n’est absolument pas influencé par les équipes qui pickaient à l’époque, nos choix en sont totalement indépendants. Étant donné que procéder sur 60 choix sera rarement très pertinent, nous nous contenterons de simuler le 1er tour en s’attardant prioritairement sur le top 10.

La draft 1999

Le 24 avril 2018, Manu Ginobili disputait son dernier match professionnel face à Golden State lors d’un match 5, laissant derrière lui une des carrières les plus victorieuses de la balle orange. 19 ans plus tôt, il passait à deux choix de ne pas être drafté et peut-être ne jamais fouler un parquet américain. Oui, comme le dit l’expression : les derniers seront les premiers. Dernière en date de l’ancien millénaire, la draft 1999 a été une pionnière pour le suivant. Définitivement un très bon cru.

1. Manu Ginobili (Position réelle : 57ème) / +56

Un joli gratin se dégage de cette draft 1999 et il est donc très difficile de choisir un numéro un. Mais de par son palmarès et son impact sur le jeu, El Manu se défait tout de même du lot et hérite de notre first pick. Formidable gaucher imprévisible et compétiteur hors pair, il a inspiré toute une génération de joueurs, preuve en est le nombre d’hommages retentissant lors de l’annonce de sa retraite l’année dernière. 4 titres NBA, un style de jeu révolutionnaire, un signature move imité et revisité par les plus grands, des moments de folies et clutchs inscrits au panthéon, une carrière entière sous le même maillot, dans le débat du meilleur remplaçant de l’histoire, etc… L’Argentin a absolument TOUT du joueur de légende. Et c’est sans prendre en compte ses nombreux succès FIBA. Une success story totalement improbable pour un 57e choix qui a attendu 2002 pour faire ses débuts dans la ligue.


2. Shawn Marion (Position réelle : 9ème) / +7

“The Matrix”. C’était le surnom donné à ce polyvalent ailier issu de la fac de UNLV, pour son envergure et ses qualités physiques hors du commun. À son prime, Marion était une machine à double-double, un grand fournisseur de highlights et une forte menace des deux côtés du terrain. S’il a souvent été moqué pour la forme de son shoot, c’est peut-être parce que c’était le seul vrai reproche qu’on pouvait lui adresser. Car le bonhomme savait à peu près tout faire, et malgré le peu d’esthétique de sa mécanique, il était tout de même capable de faire preuve d’adresse extérieure. Et c’est même dans un rôle plus porté sur le catch and shoot dans le corner qu’il finira sa carrière après être enfin devenu un champion, avec Dallas en 2011. Alors âgé de 32 ans, face aux Three Amigos il termine troisième meilleur scoreur des Mavs sur les Finales. Une belle revanche pour un monstre du basket moderne (15.2pts, 8.7 rebonds et 1.5 interception en carrière) qui aurait mérité de gagner bien plus tôt avec Phoenix.  

3. Richard Hamilton (Position réelle : 7ème) / +4

Richard Hamilton, plus connu sous le pseudonyme de “Rip” est ce que l’on peut appeler une star de l’ombre. Car oui, malgré ses trois sélections All-Star, l’arrière n’a jamais été de ceux dont on parle le plus. Et ça même lorsqu’il terminait meilleur scoreur de l’armada des Pistons lors de 9 saisons consécutives ! Peut-être à cause de son absence d’égoïsme. En effet, dominer aussi longtemps au scoring en étant le joueur de collectif par excellence et peu tourné sur l’iso et le 1vs1 est un exploit assez peu ordinaire dans le basket. Surtout pour un joueur extérieur. Il lui manque malheureusement un petit quelque chose pour être un Hall Of Famer, statut qui aurait pu être à sa portée. Mais une chose est sûre, tous les défenseurs l’ayant affronté doivent encore faire des cauchemars de son jeu sans ballon. Sans doute l’un des tout meilleurs All-Time lorsqu’il s’agissait de se défaire du marquage adverse.

4. Jason Terry (Position réelle : 10ème) / +6

Après un début de carrière remarqué du côté d’Atlanta, Terry prend la direction de Dallas à l’été 2004. Un trade qui va faire de lui le coéquipier le plus mythique de Dirk Nowitzki et l’un des joueurs les plus respectés de l’histoire des Mavericks. Dans le Texas, il s’impose comme un scoreur d’une impressionnante régularité et une gâchette sûre de la ligue et devient, au fil des années, l’un des meilleurs 6e homme en activité. Un an après sa retraite bien méritée, Jet demeure toujours le cinquième tireur à 3 points le plus prolifique de l’histoire, seuls Ray Allen, Reggie Miller, Stephen Curry et Kyle Korver le devance. Un exploit rendu possible notamment grâce à une confiance inébranlable qui l’avait poussé entre autres à se faire tatouer le trophée Larry O’Brien sur le bras avant la saison 2010/2011. Résultat : quelques mois plus tard, les Mavs vont au bout en déjouant les pronostics et écartent le Miami de LeBron, Wade et Bosh en Finales. Terry remporte sa première bague et le trophée du tattoo le plus “couillu” de la ligue. 

5. Ron Artest (Position réelle : 16ème) / +11

Plus connu sous le nom de Metta World Peace ces dernières années, c’est bien sous le patronyme Artest que ce bad boy attachant a écrit ses plus belles pages dans la ligue. En 2010, des Lakers fraîchement champions se séparent d’un très bon Trevor Ariza pour obtenir le guerrier Artest, l’élément déterminant qu’il faut pour pouvoir battre les Celtics. Un choix payant qui mènera les coéquipiers de Kobe à un back-to-back retentissant grâce notamment au shoot clutch de l’ailier à une minute de la fin du game 7. Reconverti en 3 and D, le new-yorkais possède également son passé de scoreur. Si beaucoup l’ont oublié, il a bien été un joueur à 20 points par match à Indiana et Sacramento. Des vraies qualités de scoring qui ne surpasseront pas ses aptitudes défensives qui l’ont notamment mené à un titre de meilleur défenseur et à 4 élections dans les deux All-Defensive Teams. Assurément l’un des meilleurs chiens de garde de tous les temps et l’une des personnalités les plus excentriques du sport moderne. 

6. Lamar Odom (Position réelle : 4ème) / -2

Arrivé meneur en NBA, Lamar Odom s’est transformé pour devenir l’un des intérieurs les plus doués de la ligue sans perdre ses qualités de chef d’orchestre et de manieur de ballon unique. Des qualités faisant de lui un hybride unique en son genre. Une carrière anéantie par ses graves addictions avec la drogue l’ayant emmenées à frôler la mort à plusieurs reprises, ne doit surtout pas faire oublier l’aspect sportif. Et de ce côté-là, le gaucher a de sacrés arguments et aura accompli de grandes choses sur les parquets NBA. Sixième homme de très grande facture durant les trois finales de suite jouées par les Lakers entre 2008 et 2010, il était sans doute le troisième élément le plus important du collectif de Phil Jackson, derrière Kobe Bryant et Pau Gasol. Il y glane deux bagues avant le début de la descente aux enfers.

7. Elton Brand (Position réelle : 1er) / 6

Très vite, Elton Brand s’est imposé comme le numéro un de cette draft en étant son premier choix et en remportant plus tard le trophée de Rookie de l’année, ex-aequo avec Steve Francis. Mais sur la durée, le talentueux intérieur s’est laissé dépasser par des joueurs plus constants. Dur à croire, car entre 1999 et 2007, Elton Brand c’est tout de même 20.3 points, 10.2 rebonds, 2.7 passes et 2.1 contres en 606 matchs et une saison fabuleuse en 2005-2006 récompensée d’une sélection All-Star et une All-NBA Second Team. Il est alors l’un des tous meilleurs big men du monde et en tant que franchise player et leader, il permet aux Clippers de retrouver les playoffs après 8 années de disette et même d’y passer un tour pour la première fois depuis 1976. Le tout en sortant des stats de folie sur la post season : 25.4 points, 10.3 rebonds, 4 assists et 2.6 contres en 12 matchs. Mais un an plus tard, il subit une rupture du tendon d’Achille durant un simple workout. Comme pour beaucoup, il ne s’en remettra pas et ce sera malheureusement le point de départ d’une deuxième partie de carrière décevante. Un énorme “What If” pour un joueur en son temps injouable au poste. Aujourd’hui GM de renom chez les Sixers, Brand a très bien réussi sa reconversion. 

8. Baron Davis (Position réelle : 3ème) / 5

Glorieux meneur des années 2000, le Baron fait partie de ces joueurs idolâtrés par toute une génération sans pour autant avoir un statut de légende du jeu. Davis c’est le succès d’estime à défaut d’un parcours victorieux. Un palmarès vierge, une carrière en partie frustrante, un contrat boulet aux Clippers… Quelques casseroles à traîner, mais voilà, tous les bébés des années 90 ont grandi au son de ses exploits avec les Hornets et les Warriors, les deux franchises où son empreinte reste la plus indélébile. À tel point qu’on se demande s’il est possible de ne pas être fan du joueur lorsque l’on est issu de cette génération. Sur l’ensemble de sa carrière, il n’aura passé que trois petits tours de playoffs (dont l’exploit de 2007 face aux Mavs) mais se console avec 2 sélections All-Star, autant de titre de meilleur intercepteur du championnat et une apparition dans la Third Team en 2004. Un bilan individuel plus qu’honnête sur le papier, mais une vue d’ensemble finalement bien trop maigre pour un tel talent. 

9. Andreï Kirilenko (Position réelle : 24ème) / +15

Le prime du Russe était impressionnant de maîtrise. Parmi les noms (Dirk, Parker, Stojakovic, Gasol,…) ayant contribué à la popularisation des joueurs européens en NBA entre la fin des 90 et les débuts 2000, l’ailier longiligne n’a malheureusement pas su durer suffisamment dans le temps pour devenir la référence ultime qu’il aurait pu/dû être. Défenseur multicarte ultra polyvalent (élu trois fois dans les All-Defensive Teams) et attaquant intelligent et versatile, il était l’une des têtes d’affiche du Jazz de Jerry Sloan, l’une des équipes les plus attractives de l’époque. Les plus belles comparaisons, comme par exemple Scottie Pippen, s’associaient alors à son nom. Petit bémol, AK47 n’aura évoluer à son tout meilleur niveau que trois saisons avant de lever le pied. Davantage de longévité dans la performance aurait donné une autre dimension à sa carrière NBA. 

10. Andre Miller (Position réelle : 8ème) / -2

Après 17 saisons et 1304 matchs joués en NBA, le marathon d’Andre Miller s’est achevé en 2016 après une dernière pige à San Antonio. Définition du meneur dans tous les sens du terme, il a su faire preuve d’une longévité à toute épreuve. S’il n’a jamais été une star, il a su se rendre indispensable par son leadership et son fort QI basketball, à l’image d’autres meneurs de sa génération tel que Derek Fisher, par exemple. Jamais All-Star et aucun tour de playoffs passé en tant que joueur majeur, le meneur possède tout de même un solide CV. Ayant notamment accompli l’incroyable série de jouer 632 matchs consécutifs, il a été titulaire partout où il est passé, et ce n’est qu’à l’âge de 35 ans qu’il est devenu remplaçant. En passes décisives, matchs joués et minutes jouées, il est classé respectivement 11e, 21e et 30e dans l’histoire de la NBA. Ça vous classe un joueur. Professionnalisme, régularité, longévité et esprit d’équipe : Andre Miller est la preuve que l’on peut se retourner sur une longue et belle carrière en NBA sans être au-dessus du lot ni techniquement ni physiquement, sans faire de stats hors du commun et sans obtenir ni récompenses majeures ni titre NBA. En 17 ans, il a obtenu le respect de ses pairs et du public et s’est fait une belle place dans l’histoire. Et c’est déjà très, très bien. 

Mais aussi :

11. Steve Francis (Position réelle : 2ème) / -9

12. Corey Maggette (Position réelle : 13ème) / +1

13. Wally Szczerbiak (Position réelle : 6ème) / -7

14. James Posey (Position réelle : 18ème) / +4

15. Kenny Thomas (Position réelle : 22ème) / +7

16. Jeff Foster (Position réelle : 21ème) / +5

17. Devean George (Position réelle : 23ème) / +6

18. Gordan Giricek (Position réelle : 40ème) / +22

19. Francisco Elson (Position réelle : 41ème) / +22

20. Jonathan Bender (Position réelle : 5ème) / -15

21. Scott Padgett (Position réelle : 28ème) / +7

22. Calvin Booth (Position réelle : 35ème) / +13

23. Lee Nailon (Position réelle : 43ème) / +20

24. Dion Glover (Position réelle : 20ème) / -4

25. Jumaine Jones (Position réelle : 27ème) / +2

26. Michael Ruffin (Position réelle : 32ème)/ +6

27. Todd McCulloch (Position réelle : 47ème) / +20

28. Rodney Buford (Position réelle : 53ème) / +25

29. Wang Zhizhi (Position réelle : 36ème) / +7

30. Vonteego Cummings (Position réelle : 26ème) / -4

 

Pour résumer :

Si cette draft ne possède aucun joueur de calibre superstar, elle propose un top 10 homogène et très interchangeable et son Top 6 arbore fièrement 10 bagues NBA au total. Il possédait peut-être le plus gros potentiel de cette cuvée mais la carrière trop courte et instable de Steve Francis lui coûte sa place dans notre top 10 malgré son talent indéniable et ses quelques décorations All-Star. La draft 99 est aussi une draft de 6e hommes. Avec Manu Ginobili, Jason Terry et Lamar Odom, on a là trois trophées de 6th man et trois des meilleurs remplaçants de ces 10-15 dernières années. Sans oublier son rôle très important dans l’expansion du basket grâce à l’émergence de deux des joueurs internationaux les plus importants de la première décennie du nouveau millénaire : Ginobili et Kirilenko.

On peut tout de même regretter le nombre de potentiels “gâchés”. Entre le parcours chaotique de Steve Francis, le manque de discipline de Baron Davis sur sa forme physique, le prime bien trop court de Kirilenko, la blessure déterminante de Brand ou les addictions destructrices de Lamar Odom. Des joueurs qui avaient tous les ingrédients pour devenir les meilleurs à leurs postes mais se sont tous heurtés à un plafond de verre. Ajoutons également qu’au-delà du top 20, les noms n’inspirent plus grand-chose. Même si le casting est clairement parmi les plus séduisants des 10 promos des années 90, vingt ans après, le constat est forcément nuancé.

Vous pouvez également retrouver les autres numéros de notre chronique « Et si on redraftait ? » :


La Draft 2003


La Draft 1996


La Draft 2001


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