NBA – « Et si on redraftait ? » : La Draft 2011

Kyrie Irving lors de la Draft NBA 2011
(DR)

Bienvenue dans notre rubrique « Et si on redraftait ? ». Le concept est inspiré par celui du média américain HoopsHype mais reste, bien sûr, totalement adapté à notre vision. Le principe ? Il est simple. On reprend une draft NBA et on refait une sélection dans l’ordre qui serait le plus logique si elle devait avoir lieu aujourd’hui.

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Les critères ? Ils sont larges, mais sont basés en priorité sur l’impact du joueur sur le jeu et sur la ligue, le niveau global de sa carrière, son niveau intrinsèque, sa longévité et sa régularité à travers les années. Pour les drafts suffisamment récentes, la marge de progression peut également entrer en compte.

Pour les drafts où la majorité (ou tous) des joueurs sont à la retraite, ce sera les mêmes critères, mais avec évidemment un regard beaucoup plus global sur l’entièreté d’une carrière et ses accomplissements. Par contre, l’ordre n’est absolument pas influencé par les équipes qui pickaient à l’époque, nos choix en sont totalement indépendants. Étant donné que procéder sur 60 choix sera rarement très pertinent, nous nous contenterons de simuler le 1er tour en s’attardant prioritairement sur le top 10.

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La draft 2011

Nous sommes le 1er juillet 2011. Une semaine plus tôt, les meilleurs prospects de la planète ont été sélectionnées, Kyrie Irving en tête. Deux semaines plus tôt, LeBron James a perdu ses deuxièmes Finales NBA, lui le leader d’une des plus grandes drafts de l’histoire. Qui aurait pu prédire que ces deux-là allaient soulever ensemble le Larry O’Brien cinq années plus tard ? En ce premier jour du septième mois de l’année, la NBA officialise le début du quatrième lockout de son histoire. Un contexte spécial pour une draft spéciale : la plus relevée de la décennie 2010. Un cadeau du ciel qui verra Kyrie, Kawhi, Kemba et d’autres faire leurs premiers pas dans la ligue le lendemain de Noël. 

1. Kawhi Leonard (Position réelle : 15ème) / +14

S’il y a débat sur le talent pur pour cette première position, il y en a beaucoup moins au regard des carrières de chacun. Finaliste NBA à trois reprises, deux fois champion, deux fois MVP des Finales avec deux équipes différentes et deux fois meilleur défenseur de l’année, The Klaw a été l’auteur d’une vraie razzia en seulement neuf années professionnelles. Un palmarès qui fait déjà pâlir les plus grands de l’histoire. À part LeBron, Durant et Curry, aucun joueur ne peut s’asseoir à la table de Kawhi Leonard en termes d’accomplissement global sur les 10 dernières années. C’est donc sans problème qu’il hérite de cette première place. 

2. Klay Thompson (Position réelle : 11ème) / +9

Le choix était cornélien entre Klay Thompson et Kyrie Irving pour la seconde place mais nous restons fidèles à notre classement des joueurs de la décennie, dans lequel le Warrior (8e) avait été classé devant son homologue (13e). Il faut reconnaître que malgré le talent démesuré de Kyrie, la moitié des Splash Brothers le domine sur beaucoup de critères. À vrai dire, quasiment tous, hormis les statistiques. À commencer par les titres, puisqu’il en possède deux de plus, qu’il a d’ailleurs gagné face à son collègue de draft. Parmi ces trois titres, il en remporte un en tant que deuxième option en 2015 avant de participer activement au meilleur bilan de l’histoire de la saison régulière l’année suivante, livrant alors peut-être sa meilleure saison individuelle. Fort attaquant, défenseur intraitable, il est le meilleur two-way player à son poste (sûrement top 3 All-time dans ce registre derrière Jordan et Kobe) et un homme du money time. Difficile de faire le poids face à ça.

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3. Kyrie Irving (Position réelle : 1e) / -2

First pick de cette draft, Kyrie Irving en est sans doute l’attaquant le plus doué. Scoreur et dribbleur hors-pair, il est un artiste balle en mains et la définition du showtime. Sa volonté de se défaire de l’ombre de LeBron et de pouvoir prouver ses capacités de leader lui a peut-être coûté un second titre, qui sait. Dans le rôle du patron à Boston, il n’a pas donné satisfaction, puis à Brooklyn les blessures l’ont coupé dans son élan. Une personnalité dure à cerner et un corps fragile, voilà les deux critères qui lui causent du tort depuis le début de sa carrière et qui lui coûtent l’une des deux premières places. Mais une chose est certaine, il a le talent pour viser le premier spot à terme.  

4. Jimmy Butler (Position réelle : 30e) / +26

Steal majeur de cette cuvée, Jimmy Butler se fait une place de choix dans le top 5. Devenu une star chez les Bulls il y a quelques années, il s’est imposé dans la ligue grâce à sa dureté des deux côtés du terrain et sa force de caractère puisée dans un passé douloureux. Désormais quintuple All-Star et quadruple All-Defensive 2nd Team, son ascension dans la ligue est exemplaire. Comme Kyrie, son tempérament a fait naître des rumeurs de “poison de vestiaire” à son sujet mais il prouve pour l’instant le contraire à Miami. En effet, sous les ordres d’Erik Spoelstra, il signe une saison presque digne d’un MVP après des épisodes plus mitigés à Philadelphie et surtout Minnesota.   

5. Kemba Walker (Position réelle : 9ème) / +4

Celui que l’on appelle Cardiac Kemba accroche en toute logique la cinquième place. Meneur redoutable depuis sa draft, les résultats collectifs l’ont malheureusement beaucoup pénalisé durant ses années Charlotte. En effet, il n’a participé que deux fois à la post-season lors de ses huit saisons en Caroline du Nord. De quoi lui enlever un peu de crédit face à ses concurrents. Dans une équipe ambitieuse de Boston, il a enfin une équipe à la hauteur de son talent avec laquelle il a disputé le All-Star Game pour la quatrième fois d’affilée et pour la deuxième fois en tant que starter. Élu dans le troisième meilleur cinq de la saison l’année dernière, il s’est définitivement imposé comme l’un des meilleurs à son poste.

6. Nikola Vucevic (Position réelle : 16ème) / +10

Après des débuts très discrets du côté de Philadelphie, le monténégrin s’envole pour Orlando en 2012 où il fait désormais office de franchise player depuis six ans. Une belle régularité récompensée par un titre de troisième meilleur marqueur de l’histoire de la franchise floridienne (devant T-Mac et Shaq) et une sélection All-Star. Une étoile acquise la saison passée, lors de laquelle le pivot était à son prime avec approximativement 21 points, 12 rebonds et 4 passes en 31 minutes de moyenne et un retour du Magic en playoffs.

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7. Isaiah Thomas (Position réelle : 60ème) / +53

Le plus gros steal de cette draft ! Un prime exceptionnel qui lui permet d’arriver suffisamment haut dans notre classement mais à la fois trop court pour prétendre à mieux. Fort scoreur avec Sacramento puis star incontestable avec Boston, le meneur a écrit sa légende durant deux saisons dans le Massachusetts, devenant l’un des meilleurs joueurs de moins de « 6 pieds » dans l’histoire de la ligue. Dans une franchise à l’histoire aussi riche que celle de Boston, il détient pourtant le second meilleur total de points dans un match de playoffs par un Celtic avec 53 (mieux que Larry Bird ou Paul Pierce). C’était contre Washington, le jour de l’anniversaire de sa sœur, disparue deux semaines plus tôt. Une grosse performance parmi tant d’autres durant son passage prolifique. Malheureusement, la suite de sa carrière est bien moins croustillante pour le moment… 

8. Tobias Harris (Position réelle : 19ème) / +11

Coéquipier de Vucevic à Orlando pendant plusieurs années, cet ailier polyvalent et attaquant complet s’est ensuite rendu indispensable à Detroit puis à Los Angeles où il a atteint un niveau de All-Star avec les Clippers, sans pour autant obtenir son ticket. Une explosion légèrement freinée par un trade vers Philadelphie. Arrivé très jeune en NBA, il est actuellement dans la force de l’âge à 27 ans et se présente comme une parfaite troisième option pour une équipe jouant le titre. Harris est un joueur du présent et de l’avenir, il suffit de constater le contrat qu’il s’est vu offrir l’été dernier, le propulsant aux portes du top 10 des joueurs les mieux rémunérés de toute la ligue. Une valeur sûre depuis quelques années.

9. Bojan Bogdanovic (Position réelle : 31ème) / +22

Drafté en 2011 par le Heat, Bogey attendra tout de même trois ans avant de faire ses débuts en NBA. Le temps de s’aguerrir durant trois saisons à Fenerbahçe et de briller à l’Euro 2013. Après trois expériences à l’Est (Brooklyn, Washington et Indiana), il débarque à Utah l’été dernier où il devient la deuxième option offensive de l’équipe, ne laissant que Giannis Antetokounmpo et Luka Doncic faire mieux chez les européens en termes de scoring. Joueur désormais habitué aux playoffs et affectionnant les moments décisifs, son impact a été conséquent jusqu’ici malgré son côté un peu unidimensionnel.

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10. Jonas Valanciunas (Position réelle : 5ème) / -5

Tout comme Bogdanovic et de nombreux européens, le pivot lituanien est resté en Europe après sa draft. Il revient une année plus tard chez les Raptors où il s’impose directement comme un élément majeur et termine dans le second meilleur cinq des rookies. Un physique imperturbable, des bonnes mains et un bon QI basketball ont fait de lui un joueur très solide à son poste et un titulaire rarement déboulonné depuis le début de sa carrière. Il peut donner l’impression de ne pas avoir exploité tout son potentiel jusqu’ici mais le style de jeu mis en place par Dwane Casey durant ses années Raptors n’a pas aidé à mettre en valeur tous ses talents de basketteur. Mais JV n’a que 27 ans et peut encore espérer à beaucoup mieux.

Mais aussi :

11. Enes Kanter (Position réelle : 3ème) / -8
12. Marcus Morris (Position réelle : 14ème) / +2
13. Nikola Mirotic (Position réelle : 23ème) / +10
14. Reggie Jackson (Position réelle : 24ème) / +10
15. Markieff Morris (Position réelle : 13ème) / -2
16. Kenneth Faried (Position réelle : 22ème) / +6
17. Brandon Knight (Position réelle : 8ème) / -9
18. Tristan Thompson (Position réelle : 4ème) / -14
19. Davis Bertans (Position réelle : 42ème) / +23
20. Cory Joseph (Position réelle : 29ème) / +9
21. Iman Shumpert (Position réelle : 17ème) / -4
22. E’Twaun Moore (Position réelle : 55ème)/ +33
23. Alec Burks (Position réelle : 12ème) / -11
24. Chandler Parsons (Position réelle : 38ème) / +14
25. Norris Cole (Position réelle : 28ème) / +3
26. Bismack Biyombo (Position réelle : 7ème) / -19
27. Shelvin Mack (Position réelle : 34ème) / +7
28. Derrick Williams (Position réelle : 2ème) / -26
29. MarShon Brooks (Position réelle : 25ème) / -4
30. Donatas Motiejunas (Position réelle : 20ème) / -10

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Pour résumer :

Si l’on observe uniquement son top 10, la draft 2011 peut être facilement remise en question avec la présence de nombreux flops tels que Derrick Williams (2e choix), Jimmer Fredette (10e), Jan Vesely (6e), voire Bismack Biyombo (7e). Mais au-delà de ces dix premières places, les steals pullulent. Entre Kawhi (15e), Klay (11e), Butler (30e), Vucevic (16e) ainsi qu’un second tour où l’on trouve Bogdanovic, Thomas ou encore Bertans, on peut constater que cette année-là les scouts n’ont pas vraiment eu le nez fin. Cette cuvée marque aussi par son instabilité. De nombreux joueurs ont connu des heures de gloire des plus prometteuses avant de plonger. Parmi eux, Isaiah Thomas, Chandler Parsons, Brandon Knight, Kenneth Faried et dans une moindre mesure Reggie Jackson. Un passage de la lumière à l’ombre qui nous a évidemment influencé dans notre classement dont la longévité est un des critères.

Aujourd’hui, cette cuvée est considérée légitimement comme la meilleure des années 2010. Et alors qu’elle n’a même pas encore atteint l’ensemble de son potentiel, elle comprend déjà trois joueurs en très bonne position pour accéder un jour au Hall Of Fame, et d’autres qui pourraient y prétendre à terme en fonction de leur évolution. Déjà à un niveau incroyable, cette cuvée n’a pas encore terminé d’écrire sa fabuleuse histoire. À suivre…

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