Contraint de déclarer forfait pour l’Euro Basket avec les bleus, et victime de plusieurs problèmes de santé en début de saison, Fabien Causeur revient peu à peu à son niveau et à accepté de répondre à nos questions.

Parlons Basket : Bonjour Fabien, pour commencer, comment vas-tu depuis ton retour suite à tes problèmes de santé ?

Bah  écoute, je reviens vraiment petit à petit. C’est clair que j’ai eu une bonne trêve pendant un mois et demi, j’étais inquièt par rapport à ma santé, à mon futur professionnel.

Au bout du compte ça se termine bien, mais j’ai eu une grosse frayeur. Je n’étais pas maître de mon destin, j’attendais des nouvelles des spécialistes pour que les médecins m’autorisent à jouer.

PB : Dans le TP Show de lundi dernier, tu as avoué avoir pensé à ta reconversion durant ton indisponibilité. Peux-tu nous en dire un peu plus ?

Euh alors non.. J’ai commencé à réfléchir à ce que je pourrais faire d’autre, mais je ne m’étais pas vraiment penché encore sur le truc. Je me suis dis que fallait prendre chaque chose en son temps. C’est vrai que ça me prenait la tête de ne pas savoir quand est ce que j’allais reprendre, si j’allais reprendre ou pas. Beaucoup de questions sans réponse.. Et quand tu reste chez toi, tu fais rien à part allez voir tes potes aux entraînements, et encore, je suis tombé sur deux semaines ou ils étaient à l’extérieur (Euroleague et championnat), donc voilà, je faisais rien de mes journées ça me prenait la tête c’est clair..

PB : Belle performance collective et individuelle face à Barcelone ! La victoire est là, mais c’était difficile non ?

Ouai bah là c’est le Barça, mais je ne me prend pas la tête au niveau de mes performances individuelles, j’essaye juste d’aider l’équipe à ma façon à chaque fois. Après je me demande même si je ne suis pas mieux maintenant que en début de saison. Je vois que match après match ça va mieux.

Le coach m’a remit dans le cinq, il commence à me refaire jouer beaucoup donc c’est cool. L’autre soir il m’a mis en mission sur Navarro, il me donne énormément de confiance et moi j’avais besoin de ça. Voilà, j’essaye de tout donner à chaque fois, pour l’équipe et pour moi même..

PB : Un lay up important à une minute de la fin du match ainsi que les deux Lancers Franc pour assurer la victoire à 4 secondes du buzzer. 10 points, 6 rebonds en 25 minutes.. Satisfait individuellement de ce gros match je suppose ?

Ah bien sur ! Je suis content de ma performance ! C’est sûrement la meilleure cette saison.. Même si je n’ai pas joué énormément de match, c’est la meilleure. Surtout que de battre Barcelone, il y a toujours ce petit plaisir en plus.

Maintenant voilà, je suis revenu à la compétition, c’est que des matchs compliqués. Ce n’est que du très très haut niveau jusqu’à la fin de saison, je joue contre le meilleurs équipes d’Europe en Euroleague, donc je savoure.

PB : Giuseppe Poeta vient de signer au club. Que peut-il apporter selon toi ?

Et bien c’est plus un meneur pour le championnat Italien on va dire. En Italie, le jeu est plus basé sur le jeu demi terrain, donc je pense que c’est un joueur qui contrôle plus le rythme à ce niveau là, alors que Thomas (Heurtel) et Walter Hodge sont plutôt des meneurs à tempo qui jouent sur de la relance, de la transition et tout ça. Il est en sélection Italienne, il a de l’expérience et il a l’air motivé !

Tu vois moi je ne le connaissais pas… Mais apparemment c’est un bon joueur ! (Rires)

PB : Actuellement en milieu de tableau, penses-tu que vous ayez l’équipe pour accrocher une place Européenne en fin de saison ?

Et bien dans tous les cas, on a une Wild Card pour l’Euroleague l’année prochaine donc on a pas à finir dans les 4 premiers ou quoi que ce soit !

PB : Effectivement ! J’avais oublié ce détail !

Voilà !! (Rires) A ce niveau là, on a pas de soucis à se faire. Maintenant, l’équipe est vraiment en train de monter en puissance là. On a gagné les deux derniers matchs en championnat, ce week end on va à San Sebastian pour un gros match, et si on gagne les trois prochains matchs, on devrait accrocher la coupe du Roi, et c’est l’objectif primordial maintenant. Ce serait un vrai déception pour le club et pour l’équipe si on n’y allait pas !

Le championnat est vraiment très serré cette année, mis à part le Real qui est vraiment au dessus, je pense qu’on peut accrocher une place dans les 4-5 premiers en fin de saison.

PB : Qu’est-ce qui différencie l’Espagne du championnat français ? Comment expliquer le fait que les espagnols se passionnent autant pour le basket ?

Pour la passion du basket je ne sais pas trop.. Je pense qu’ici, c’est une culture. Bien sûr il y a le foot devant, comme en France, mais juste derrière il y a le Basket. Les salles sont tout le temps pleines, il y a un vrai engouement quand on va jouer dans des petites villes ou même contre des grosses équipes comme à Barcelone. C’est un privilège d’évoluer dans un championnat comme celui là. Mais pourquoi, je ne sais pas trop comment l’expliquer. Après c’est vrai que nous on est en pays basque, dans notre ville c’est vraiment le basket, les gens, les jeunes, ils ne parlent que de basket. On le sens quand on va dans les écoles, dans les collèges, tout le monde nous connait, c’est assez spécial.

Après pour le championnat, je pense que c’est au niveau tactique qu’il y a une petite différence. Vu qu’il y a pas mal de joueurs qui ont beaucoup d’expérience dans ce championnat. C’est aussi un championnat qui court beaucoup, comme en France, et puis il y a quand même pas mal de séances de vidéos, sur les détails et tout ça, et c’est quelque chose de différent par rapport à la France.

PB : Certains joueurs qui évoluaient en Espagne ont fait le choix de revenir en France, notamment à cause de salaires impayés ? C’est chaud à Vittoria aussi de ce point de vue ?

Bah écoute non.. A Vittoria ça parle aussi de crise, ça nous ai déjà arrivé qu’on ai un peu de retard, mais c’est vraiment moindre. On a eu un mois de retard à un  moment donné mais voilà. C’est clair que quand ça arrive t’es pas content, mais ça reste des grosses sommes d’argent quand même donc faut faire attention. Tu peux arriver à un mois de retard mais c’est pas comparable avec ce qu’a connu Adrien Moerman à Bilbao avec six mois de retard et là c’est vraiment autre chose. Quand ça commence à dépasser les trois mois, je pense que ça doit vraiment commencer à te prendre la tête, c’est pas évident. D’autant plus que ce n’est pas à nous de gérer, c’est aux agents qui ont un peu la pression.

C’est vrai qu’en Espagne c’est vraiment le crise, on ne peut pas le nier, mais il y a quatre ou cinq clubs comme le Real, Barcelone, Saragosse et nous qui sommes payés en temps et en heure. Mais les autres c’est vrai que ça commence à faire long. Là à Bilbao les joueurs ont encore mis un coup de pression à leur Manager pour être payé la semaine prochaine car ils n’ont rien touché. Donc voilà, il y a des clubs où c’est vraiment compliqué.

Faut pas oublier qu’il y a le plaisir de jouer, mais il faut aussi que l’argent tombe pour que tu joue libéré. Si tu joue avec ça dans la tête ça en devient compliqué.

PB : Parlons de Thomas, sa présence ici a-t-elle influencée sur ton arrivée en Espagne ?

Euh… Je crois que non. Lorsque je suis arrivé c’est clair qu’il m’a beaucoup aidé, il m’a épaulé, je posais beaucoup de questions, et justement, on a un scoot au club qui voyage partout en France et en Europe, et voilà. Il était venu me voir, avait demandé un avis sur moi à Thomas mais c’est tout. Les choix s’est fait par au dessus encore. Ce scoot m’avait suivi mais les autres joueurs n’y sont pour rien. Moi même il m’a posé des questions sur d’autre joueurs, mais juste afin de savoir ce que j’en pense, ça ne va pas plus loin.

Effectif Laboral Kutxa Vitoria 2013/14.
Thomas Heurtel N° 22 et Fabien Causeur N°55

PB : L’adaptation était plus facile avec lui ? Vous avez de bon rapports tous les deux ?

Oui nous avons vraiment de très bon rapports ! Il y a des fois lorsque tu est dans une mauvaise passe, que tu as besoin de parler à quelqu’un, c’est important d’avoir quelqu’un qui parle ta langue, qui a connu le même championnat que toi, qui a à peu près le même âge etc..

Donc oui, ça a été très important pour moi qui soit là lors de mon arrivée, d’autant plus que c’était ma première fois à l’étranger. Il m’a énormément aidé, et à l’heure d’aujourd’hui je l’aide aussi. Quand il est dans un mauvaise passe ou qu’il se prend la tête, je suis là, il peut me parler et on se fait confiance à ce niveau là c’est clair.

PB : Le retour en équipe de France, un objectif à court ou moyen terme ?

Ça en est un dès que je pourrais revenir et que je serais rappelé. Cet été il y a eu beaucoup de joie de voir mes potes remporter ce titre, mais aussi de la déception de ne pas avoir fait partie de l’aventure. 

Mais voilà c’était un choix personnel, j’avais vraiment mal à mon pied, j’ai du faire des infiltrations cet été et je ne pouvais pas y aller. Sinon j’y serais aller, comme tous les ans avec plaisir.

Maintenant voilà, on va voir ce que va donner ma deuxième partie de saison, ce que fait Vincent (Collet), si il me met dans les 24, s’il m’appel pour le stage etc.. On verra. Mais ça va aussi être difficile de bouger le groupe champion d’Europe.

PB : Question à part pour terminer, mais en tant qu’ancien Choletais, et formé par Jean Manuel Sousa, quel regard portes tu sur la situation de Cholet en ce moment ?

 Alors j’ai suivi cette saison en dent de scie. Ils ont commencé et étaient premier du championnat avec 5 victoire de rang il me semble, et depuis c’est la chute libre quoi.. C’est clair que je suis déçu pour le club, très déçu pour Jean car je connais sa valeur. Dommage que ce soit mal fini avec Cholet car j’aime le club et j’aime l’entraîneur donc j’aurai préféré que ça marche mais bon. C’est comme ça, ça reste un buisiness et je pense que les deux parties ce sont mises d’accords.

J’espère en tous les cas que l’équipe va rebondir et qu’ils vont se qualifier pour les Playoffs, c’est tout ce que je leur souhaite.

L’équipe Parlons Basket remercie chaleureusement Fabien Causeur pour avoir accepté de répondre à nos questions !

Entretien réalisé par Parlons Basket le jeudi 09/01/2014 (téléphone).

A propos de l'auteur

Fondateur du projet Parlons Basket.
Grand passionné de Sport, et principalement de Basket. Supporte les New York Knicks et l’ASVEL Basket.

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